Un
projet qui porte
trois ambitions majeures
pour la montagne
et la nation |
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Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 130
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Au fil des travaux, des rencontres de terrain ou au niveau national,
des missions parlementaires, la démarche de construction
de la proposition de loi a permis de prendre la mesure des progrès
qui devaient être apportés à la politique
de la montagne.
Elle a ainsi pris progressivement de l’ampleur. Après
avoir obtenu, en 1985, la reconnaissance de la différence
et de
la spécificité montagne – maintenant largement
acquise – la politique de la montagne doit viser un nouvel
objectif, plus
large : apporter à notre pays et à l’Europe
une réelle plus-value en termes de produits et de services économiques,
sociaux,
environnementaux, pour participer davantage à la croissance
de notre économie et à la qualité de vie
de nos concitoyens.
Le projet s’efforce de mettre en œuvre les moyens de
cette ambition.
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| Faire de la montagne un territoire d'excellence nationale et de progrès pour l'économie, les services, l'environnement... |
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La nation doit
mieux mesurer ce que la montagne peut apporter à notre époque,
non seulement en ressources naturelles, en aménités,
en services, mais aussi en produits de qualité,
en identité, en cultures. Ce qui suppose
que les fonctions de la montagne
soient mieux cernées et ses potentialités
mieux mises en valeur : fonction économique,
touristique, environnementale, sociale, culturelle. Telles sont
les visions de la montagne que la proposition
de loi unifie sans négliger
aucune d’entre elles et en intégrant
pleinement la diversité des massifs.
De leur côté, les montagnards
doivent prendre
davantage conscience des
attentes d’une société qui
recherche identité, traditions,
racines, enracinement,
refus de banalisation
de ces territoires, refus de
les rendre aseptiques et
inodores, refus d’aplanir la
montagne pour la rendre
identique à tout autre territoire,
refus de laisser disparaître
la part de rêve qu’elle
véhicule, de grands espaces à
préserver, refus de tout rendre accessible, facile, mécanisé.
Ainsi les populations de la montagne
française deviendront-elles les vecteurs
et les promoteurs d’une nouvelle prise
de conscience mondiale du rôle et de la
place de la montagne dans nos sociétés
et civilisations.
La nation doit donc investir davantage
dans ces territoires en concevant un véritable projet de société qui
intègre é
troitement les intérêts des montagnards
et les objectifs de la collectivité nationale.
Au service de cette démarche, la proposition
de loi avance trois moyens :
1 - Renforcer la capacité de réflexion,
de prospective, d’éclairage de l’avenir
au niveau national. La proposition de
loi fait du Conseil national de la montagne,
non seulement le conseiller du
gouvernement, ce qu’il doit demeurer
pleinement, mais aussi un plus large
lieu de débat entre les montagnards ;
celui-ci doit se doter de moyens plus
intenses pour jouer ce double rôle de
meilleure connaissance de la montagne
et d’éclaireur des évolutions à venir
ou à promouvoir.
2 - Conduire une politique davantage
ouverte sur la société civile. Le CNM
ne peut que gagner à enrichir son dialogue
avec celle-ci en l’associant
davantage à ses réflexions ; la proposition
de loi engage vers un fonctionnement
plus ouvert de cette instance et
encourage le monde de la montagneà rencontrer les
autres composantes de notre société, ce qui doit permettre
aussi de mieux faire comprendre à tous
la complexité des enjeux.
3 - Associer et mobiliser les nouvelles
forces territoriales. Des régions renforcées,
des administrations d’Etat plus
transversales, des organisations socioprofessionnelles
: ces trois forces doivent
travailler en plus étroite synergie ; é
lus et socioprofessionnels de terrain
réunis au sein du Comité de massif qui
se verront confier le soin de réfléchir
aux grandes orientations au travers de
l’élaboration d’une " charte de massif "
, l’Etat qui doit mobiliser davantage
ses administrations territoriales, les
régions enfin qui doivent coopérer é
troitement au sein de massifs plus larges
que leurs circonscriptions, en exerçant
pleinement la compétence
d’aménagement du territoire qui leur
est dévolue et renforcée. |
| En donnant la possibilité aux montagnards de mieux maîtriser leur développement et la gestion de espace et des ressources naturelles... |
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Des dispositions
consistantes sont mises en œuvre dans les dix secteurs
stratégiques du développement et de
l’aménagement de la montagne en
vue d’accroître de façon substantielle
la capacité directe d’action des populations
de montagne grâce à la mise
en œuvre d’outils mieux adaptés,
modernisés, renforcés.
1 - Agriculture. Celle
ci jouera mieux son double
rôle productif et environnemental
grâce à une
adaptation des outils des
politiques agro-environnementales
; de même
limitée qu’elle est dans sa
productivité, elle donnera
la priorité à la recherche de la plus grande plus-value
pour ses
produits par le renforcement de l’identité et de la qualité des
produits de montagne désormais adossées à des
procédures de certification de qualité.
Dépositaire d’énormes espaces extensifs,
elle doit mieux les gérer et les mettre
en valeur grâce au renforcement des
AFP, à l’amélioration de la gestion des
biens sectionnaux, des modalités de
contractualisation, la réinsertion des
espaces incultes ; enfin l’outil principal
de production en montagne, le bâtiment
d’élevage, doit être rapidement modernisé :
des financements spécifiques
sont proposés.
2 - Forêt. Le texte de la proposition de
loi, tel que les élus l’ont déposé, ne
comporte
pas de mesures spécifiques à la
forêt de montagne, notamment du fait
de la proximité de la loi d’orientation
forestière qui a apporté nombre de réformes
positives en ce domaine. La perspective
de la décentralisation a néanmoins
amené les communes forestières à
réfléchir aux mesures qui seraient souhaitables
pour adapter les réalités de la
gestion forestière en montagne à ce
nouveau contexte : représentation renforcée
des élus au sein du conseil d’administration
de l’ONF, renforcement du
rôle de la commission communale,
améliorer la mise en place des chartes
de massif, rendre effective l’ICHN forestière
. Ces propositions seront présentées
sous forme d’amendements.
3 - Urbanisme. D’abord mieux protéger
l’espace agricole sur le plan réglementaire
et sur le plan financier en élargissant
le droit de préemption aux communes
agissant en étroite liaison avec
les départements ; mettre en œuvre de
façon loyale le compromis passé avec
l’administration dans l’application plus
souple et plus décentralisée des règles
d’urbanisme spécifiques à la montagne
(règle de construction en continuité) en
visant à prendre en compte davantage
le contexte environnemental par des é
tudes spécifiques.
4 - Environnement. Redéfinir les
responsabilités respectives de l’Etat et
des collectivités dans le domaine de la
gestion de l’espace et des ressources
naturelles ; dans les espaces à faible
enjeu environnemental, très large autonomie
de gestion de la part des collectivités
en cohérence avec leur mission
constitutionnelle ; là où les enjeux environnementaux
peuvent être qualifiés
d’intérêt national ou européen, échange
très anticipé des
informations,consultation réelle, gestion conventionnelle
dont les objectifs sont fixés
d’un commun accord mais les moyens
concrets de mise en œuvre laissés à l’appréciation
des collectivités ; donner
enfin aux collectivités les moyens
techniques et financiers d’assumer ces
tâches nouvelles et complexes de gestion
de l’environnement par un fonds
d’aide à la gestion au niveau départemental,
péréqué au niveau national.
5 - Tourisme. Engager un vaste programme
de la rénovation et d’amélioration
de l’immobilier de loisirs en
donnant plus d’ampleur aux procédures
actuelles d’opérations groupées de
rénovation étroitement liées à la commercialisation
et en mettant en œuvre
une forte mesure de défiscalisation sur
les travaux de rénovation.
6 - Santé publique. Développer
une économie des services de santé publique en forçant
sur les arbitrages de localisation des établissements de
soin ou de convalescence dans un
souci de répondre aux nouveaux
besoins de santé liés à une dégradation
forte des conditions sanitaires dans les
villes et en présentant ainsi une offre au
meilleur coût social, tout en continuant à moderniser
thermalisme et climatisme,
permettant des traitements de
fond plus naturels et plus durables dans
leurs effets que la chimie.
7 - Services au public. Remettre
dans un véritable jeu démocratique
l’organisation des services à la population
en imposant aux gestionnaires de
services – quel que soit leur statut, étatique,
public, parapublic, délégataire– quatre obligations : information préalable,
débat sur l’organisation territoriale
du service, contractualisation
dans la durée et de façon équitable,
péréquation pour rétablir l’égalité entre les territoires.
8 - Complémentarité des activités. Enjeu de taille pour la montagne,
la proposition de loi organise
mieux la complémentarité entre toutes
ses activités, en prenant comme
une donnée incontournable l’économie
pluriactive et en jetant de nombreuses
passerelles entre les différents
secteurs avec l’objectif d’améliorer la
flexibilité dans de nombreux domaines
réglementaires et à lever les discriminations
qui pèsent encore largement
sur les pluriactifs.
9 - Initiative et innovation. Pour résoudre le problème
d’une économie
en forte mutation, dans un environnement
peu favorable structurellement,
disposant d’atouts souvent difficilesà mettre
en œuvre, mais qui cherche à s’adapter, à se
diversifier, à étendre
les
services, à gagner en valeur ajoutée, la
proposition de loi vise à mettre en œuvre
un outil renforcé pour développer
l’initiative locale en apportant
appui en termes d’expertise et d’ingénierie
du développement : le Fiem (ou
Fonds d’innovation et d’expérimentation
en montagne) avec des moyens
venus de l’Etat, des régions au travers
de l’entente de massif et des ressources
affectées.
10 - Rôle et moyens des collectivités
territoriales. Pour tenir compte
de la faiblesse intrinsèque de leurs ressources
et des injustices actuelles graves
de la péréquation nationale, introduction à
un niveau plus élevé dans les critères
de répartition des dotations d’Etat,
des charges de nature territoriale, des
charges de gestion de l’espace et de
l’environnement dues notamment aux
difficultés pour l’agriculture d’assurer
ce service, de la participation à l’organisation
des services de proximité. |
| Et en rééquilibrant le développement territorial au profit des territoires de moyennemontagne confrontés aux plus difficiles mutations. |
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La proposition
de loi vise à compléter
et renforcer la politique de la montagne
et des massifs par une politique
plus large de revitalisation rurale
digne de ce nom. Cette politique,
sœur jumelle de la redynamisation
urbaine née en 1995, maintes fois
mise et remise sur le chantier, est restée à
un niveau désolant d’inefficacité.
L’effort est donc dirigé de façon
prioritaire sur le Massif central et son
extension, le Morvan, les Pyrénées, la
Corse. Ces mesures profitent également
pour l’essentiel aux autres ZRR.
La rénovation proposée
doit se faire dans cinq
directions.
1 - Les collectivités territoriales
se voient investies
d’importantes responsabilités
et de nouveaux
moyens. L’action publique –
au sens large – est notablement
renforcée. Ce renforcement
prend appui
sur trois catégories de
moyens : une revalorisation
spécifique des moyens financiers des collectivités
territoriales (départements et communautés
de communes) par une
meilleure péréquation, l’Etat et la
région sont sollicités dans des actions
contractuelles de nature nouvelle par
le département qui joue le rôle d’initiateur
et de pivot dans ce retricotage
fin de l’économie et des services, en
aval, un couple fort est constitué entre
le département et le réseau des communautés
de communes qui constitueront
désormais à la fois la source
de l’initiative locale et le lieu privilégié de
sa mise en œuvre.
2 - L’implantation et le développement
des entreprises locales sont
encouragés par une série de mesures
fiscales et financières. Des exonérations
accrues de taxe professionnelle,
d’impôts sur les sociétés et le revenu,
de charges sociales, d’aides à la création
ou à l’extension d’emplois ou
d’entreprises sont mises en place. Par
rapport au régime actuel des ZRR, trois
modifications importantes sont apportées
: extension à tous les secteurs
d’activités et de services représentés
de façon significative en ZRR, allongement
des périodes d’exonération,
majoration de certaines aides et
notamment de celles en provenance
des régions. Le couplage est assuré avec le renforcement de l’animation é
conomique et le développement des
services d’expertise et d’ingénierie.
3 - Un programme d’amélioration
des services essentiels destiné à améliorer
les conditions de vie est engagé à
l’initiative du département. L’amélioration
de l’habitat et le secteur sanitaire
et médico-social sont particulièrement
visés. Le département est invité à
développer une offre importante
dans ces différents domaines, susceptible
d’être prise en compte au niveau
des financements nationaux et régionaux
par l’obligation de rééquilibrer
les dotations vers ces différents secteurs
et d’adapter les mesures en
tenant compte des spécificités locales
et notamment de l’isolement et des
surcoûts Des mesures visant à réduire
les surcoûts – notamment en matière
de déplacement – sont prévues.
4 - Des instruments nouveaux de maîtrise de l’environnement
agricole
et forestier et des paysages sont créés
pour rouvrir et reconquérir un espace
qui se ferme. La proposition de loi vise
une véritable reconquête du territoire
sur ce lent mais sûr envahissement,
moins avec des outils d’aménagement
foncier classiques – sauf au travers des
mesures agro-environnementales– qui reposent sur
des contraintes et procédures
lourdes et unanimes, mais à partir de l’incitation
financière,
de l’animation, du volontariat. Il est créé "
un plan intercommunal de réouverture
de l’espace et de reconquête du
territoire " dont le financement serait
assuré dans une première phase par le
département puis par l’Etat et la
région, voire l’Europe.
5 - La procédure préalable à la création
de zones franches dans les secteurs
les plus touchés par le retrait des
activités est lancée. La proposition de
loi ne choisit pas la multiplication de
ces procédures, car la politique de revitalisation
rurale renforcée doit permettre
de redynamiser les territoires visés
en se fondant plus sur des mesures
positives et dynamiques que sur des
avantages fiscaux ou sociaux passifs
qui caractérisent plutôt les zones franches.
En revanche, ces mesures sont
nécessaires là où il y a des sinistres
industriels et où les collectivités sont
menacées par un chômage massif. |
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