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La commission des lois du Sénat
a recueilli le 15 octobre les observations des élus de
la montagne sur le projet de loi relatif aux responsabilités locales. Le président,
Pierre Jarlier, a plaidé en faveur d’une prise en
compte plus adaptée des réalités territoriales.
Tout en relevant l’importance
et l’ambition du texte du gouvernement,
qui représentera, à n’en pas douter,
l’instrument
d’une étape de la décentralisation
aussi fondamentale que les
lois Deferre de 1983, le président
de l’ANEM, Pierre Jarlier, a
fait part de la perplexité, voire
des inquiétudes des élus de la
montagne, quant à l’architecture
générale du projet qui
semble vouloir privilégier une
décentralisation beaucoup plus "
urbaine et sociale qu’économique
et territoriale ".
En effet, en renforçant considérablement
la vocation des
régions en matière d’interventionnisme économique,
les enjeux de développement
local se retrouvent dépendants
d’un type de collectivité qui ne
dispose pas, loin s’en faut, des
services techniques déconcentrés
et de proximité dont disposait
l’Etat pour les assumer. Or,
faute d’avoir prévu des possibilité de coopérations avec d’autres
collectivités plus proches
des réalités économiques de
terrain, tout particulièrement
les départements, cette distanciation
risque d’être fortement
pénalisante pour les territoires
les moins densément peuplés,
ce qui concerne au premier
chef la majeure partie des
zones de montagne.
Intégrer les disparités
dans les compensations
Par ailleurs, le président Jarlier a
souligné le poids financier
considérable que représentait
l’élargissement conséquent des
missions sociales des départements.
Les charges inhérentes,
notamment celles liées à des
prestations telles que l’APA ou
le RMI, risquent de connaître
une croissance exponentielle,
alors que les mécanismes de
compensation financière organisés
par le projet de loi reposent
sur un simple état des lieux
sans prendre en compte non
seulement la réalité des besoins à
terme mais de surcroît les
importantes disparités qui existent
d’ores et déjà d’un départementà
l’autre, et plus particulièrement les surcoûts inhérents
aux spécificités territoriales.
C’est pourquoi l’ANEM a plaidé pour que la loi sur les transferts
de compétences comprenne
des mécanismes forts et volontaristes
de péréquation.
Plus de concertation
sur les services publics
Par ailleurs, le président Jarlier a
pointé l’absence criante dans le
texte de l’interterritorialité. La
montagne souffrirait considérablement
de cette carence, puisqu’elle
perdrait la chance de
voir les massifs traités dans leur
ensemble, dans leur logique de
développement territorial, non
pas fractionnés au niveau de
trois, quatre, cinq régions
comme c’est le cas actuellement.
Ceci apparaît d’ailleurs en contradiction avec les travaux
menés dans le cadre de la
loi de développement des territoires
ruraux.
Enfin, autre faiblesse du projet
de loi aux yeux des élus de la
montagne : l’insuffisante progression
des mécanismes de
concertation sur l’organisation
des services publics. L’évaluation
en temps réel des politiques
publiques paraît bien
faible, compte tenu des nouveaux
enjeux et de la nécessité d’ajuster
au plus vite, sans remettre en cause nécessairement
les grandes lignes, et
enfin et surtout, la prospective
et la veille d’aménagement du
territoire ne sont même pas évoquées alors que l’on va certainement
vers une certaine
recomposition du territoire.
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