Les enjeux de Cancun
pour l’agriculture de montagne |
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Dossier "Agriculture"
Sommaire du PLM 128
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A Cancun, lors
de l’examen à mi-parcours
du cycle de négociations commerciales multilatérales
engagé en novembre 2001 à Doha, les
questions agricoles (réduction des aides publiques, protection
des produits régionaux, baisse des droits de douane) ont
tenu une place majeure, mais elles ont achoppé là où on ne l’attendait pas.
Sur la question
centrale des aides directes, la plupart de celles
pratiquées par l’Union européenne
relèvent de la " boîte
bleue ", c’est-à-dire bénéficiant
d’une tolérance temporaire.
Mais celle-ci devrait expirer au
1er janvier 2004.
C’est dans cette perspective
que les Quinze ont conclu le
26 juin à Luxembourg un
accord sur une nouvelle
réforme de la PAC qui tend à les consolider
en les liant à des
contreparties environnementales
ou de sécurité sanitaire, les
faisant ainsi rentrer dans la "
boîte verte ", catégorie d’aides
considérées sans incidence
sur les échanges.
10 milliards d ’euros
de subventions agricoles devraient
ainsi être sécurisés.
Les soutiens spécifiques à l’agriculture
de montagne,
notamment les ICHN, répondent
en principe à ces critères.
Il demeure plus d’incertitudes
quant à la protection des produits
régionaux de qualité.
Une reconnaissance timide de la qualité
Initialement engagée sur les
vins et spiritueux, la négociation
de l’accord sur la propriété intellectuelle
pourrait s’étendre à d’autres produits
agro-alimentaires régionaux
notamment les fromages
AOC français dont la plupart
sont d’origine montagnarde), reconnaissant ainsi la légitimité d’un
régime
de protection en faveur des produits du
terroir.
L’essentiel de la négociation
porte sur la liste des produits qui
pourront en bénéficier, et il
semblerait que pour l’instant les
efforts des négociateurs communautaires
portent sur les seules
AOC, laissant incertain le
devenir de l’appellation générique " produit
de montagne ".
Mais c’est en fait sur l’abaissement
général des droits de
douanes que la rencontre de
Cancun a échoué, et cela malgré un
accord préalable
hors du commun entre Europe et
Etats-Unis, les pays du Sud
ayant fait front pour s’opposer à ce qu’ils
ont perçu
comme un partage du marché alimentaire
mondial à leur insu. |
| " Un
moratoire pour la réglementation européenne " |
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Entretien avec Martial Saddier
Le député de Haute-Savoie, Martial
Saddier, a remis le rapport sur l’agriculture
biologique en France qui lui
avait été demandé par le Premier
ministre, Jean-Pierre Raffarin.
PLM : En quoi l’agriculture biologique peut
elle constituer un atout pour la montagne ?
Martial Saddier : Ce type d’agriculture est
non extensif. Il est parfaitement adapté à la
taille des exploitations de montagne où les parcelles
utiles sont plutôt d’une petite superficie.
J’ai constaté dans certains pays l’émergence
d’une démarche en direction des touristes. Elle
pourrait être reprise en France.
Il s’agit de valoriser le lien logique qui existe
entre l’agriculture biologique et la protection
de l’environnement, un des attraits déjà bien
identifié de la montagne. Les deux se complètent
et s’enrichissent. Mais il est bien évident
que cette forme d’agriculture ne jouera qu’un
rôle complémentaire dans l’économie des "
hauts pays ".
Même si mon rapport a voulu afficher une
ambition – je l’ai sous-titré "Vers la
reconquête
d’une première place européenne " – la
France n’occupe, pour l’instant,
que la 13e place au sein de
l’Union avec 1,4 % de sa
surface agricole utilisée.
PLM : Quelles sont les
difficultés auxquelles se
heurte cette forme d’agriculture ?
M.S. : Elle souffre d’un
mal français trop souvent
constaté : la suréglementation.
Nous avons eu une
lecture élitiste du cahier
des charges européen. Elle
a pour conséquence des coûts de production plus élevés
pour les agriculteurs
français et la perte de parts de marché.
Je préconise un moratoire pour engager des
discussions à Bruxelles.
Harmoniser les règles permettra d’harmoniser
les contrôles, les contraintes et les aides. Cela
permettra, peut-être, de revenir, par exemple,
sur l’interdiction de l’attache des bovins, réclamée
par les pays nordiques, mais qui mettrait
en danger la vie des troupeaux dans les zones
de montagne françaises.
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| SÉCHERESSE
: LE VRAI BILAN
EST POUR PLUS TARD |
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La montagne a souffert de la
sécheresse et de la canicule autant
que le reste du pays. Mais avec des
conséquences différentes.
Les chiffres précis sont encore en
train d’être collectés. Mais les décès
ont été moins nombreux en
montagne que dans le reste de la
France. C’est une conséquence du
redéploiement des services publics
avec des centres hospitaliers dans la
vallée et des maisons de retraite
rares en altitude. Seuls les alpinistes
ont été plus souvent victimes des
pièges inattendus de la haute
montagne (isotherme de 0° C à 4 500
m). Les terres, les rivières
et les forêts qui occupent la surface en
totalité (ou presque) ont, elles,
particulièrement souffert de la
sécheresse (six mois d’un déficit
pluviométrique pouvant atteindre
50 %), puis de la canicule. Le débit
des cours d’eau est descendu à un
niveau très critique, notamment dans
les Vosges et dans le Massif central.
La Commission nationale, réunie le
29 août, a reconnu le caractère de
calamité aux dommages causés par
la sécheresse aux productions
fourragères et à certaines grandes
cultures dans 49 départements. Pour
pouvoir toucher une indemnisation,
l’exploitation doit pouvoir faire état
d’une perte de plus de 14 % du
chiffre d’affaires total. L’Etat a porté à
50 millions d’euros son aide au
transport du fourrage avec possibilité d’un recours à l’armée. Pour la forêt,
il est prématuré d’établir un bilan.
Le plus gros des conséquences
apparaîtra au printemps prochain.
Mais selon un des responsables de
l’Inra, les effets différés de ces
accidents climatiques sont parfois
détectés plus de dix ans après.
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