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Gestion :
compétences
réaffirmées,
autonomie accrue,
nouveaux moyens financiers |
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Sommaire du PLM 126-127
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La proposition
de loi s’efforce d’apporter une réponse à
la question de la responsabilité et des pouvoirs des collectivités
en matière de gestion de l’espace et des ressources
naturelles de leur territoire. Elles éprouvent de plus en
plus de difficultés à exercer cette fonction, la plus
naturelle qui soit. D’abord en raison de l’enjeu que
représentent les espaces naturels pour la puissance publique,
expression d’une société de plus en plus urbanisée,
et de sa volonté incessante de contrôle sur ces ressources.
Mais aussi du fait d’une gestion de l’environnement
devenue plus technicienne et des exigences sans cesse accrues de
nos concitoyens dans ce domaine auxquelles les collectivités
ont des difficultés à répondre par leurs seuls
moyens. La proposition de loi réaffirme la compétence
des collectivités, leur donne de nouveaux moyens d’exercer
cette compétence et appelle l’Etat à respecter
l’autonomie de gestion des collectivités. |
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• Redéfinition du rôle et des
responsabilités des collectivités dans la gestion
de l’espace et notamment, réaffirmation de leur compétence
et de leur droit à choisir les voies et moyens qu’elles
estiment les plus adaptés au territoire et au milieu en fonction
des lois et réglements.
• Pour les espaces à fort enjeu environnemental, mise
en place d’une procédure de gestion conventionnelle
avec l’Etat et engagement des négociations bien en
amont de toute décision.
• Création d’une ressource spécifique,
un fonds départemental géré par le conseil
général, financé par une taxe sur les constructions,
pour aider les collectivités dans leur mission de gestion
de l’espace et des ressources naturelles et mutualisation
des ressources par la création d’un fonds de péréquation.
• Pour Natura 2000, obligation d’informer préalablement
sur les contraintes de gestion qui seraient susceptibles de concerner
le territoire dès le début de la phase de consultation
et indemnisation pour les pertes d’exploitation dues à
de nouvelles contraintes.
• Pour les parcs nationaux, renforcement des pouvoirs du
président (désormais obligatoirement un élu)
et du conseil d’administration qui doit définir lui-même
son programme d’action dans un contrat d’objectif avec
l’Etat et avoir le choix de son directeur. |
| Les nouveaux
principes de gestion : responsabilité et autonomie |
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Le premier article
du code de l’environnement dispose que " les espaces,
ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité
de l’air, les espèces animales et végétales,
la diversité et les équilibres biologiques auxquels
ils participent font partie du patrimoine commun de la nation ".
La proposition de loi ajoute à la suite de cette affirmation
: " Chaque collectivité publique en est la gestionnaire
dans le cadre de ses compétences. "
Cette précision est capitale. Elle définit les rôles
et les responsabilités : si effectivement les biens environnementaux
ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée
ou particulière – et donc ne pas être vendus
comme des marchandises, ce à quoi tend malgré tout
l’accord sur les services de l’OMC que l’Europe
est en train d’approuver – il appartient aux collectivités
d’en assurer la gestion conformément à leurs
compétences générales.
L’article suivant de la proposition de loi encadre d’ailleurs
les conditions de cette gestion, en disposant que la gestion de
ces biens " est assurée par les collectivités
territoriales dans le cadre des lois et règlements de la
République selon les principes du développement durable,
de décentralisation et d’autonomie locale. Elles définissent
en conséquence les voies et les formes de gestion qu’elles
jugent les plus adaptées à leur territoire et à
leur culture ". En d’autres termes, de façon
à donner un sens à la démocratie, à
la responsabilité et à l’autonomie des collectivités,
il appartient à l’Etat de fixer les orientations mais
il n’a pas à se substituer aux collectivités
dans la gestion habituelle.
Autrement dit, si l’Etat est légitime à fixer
des obligations de résultat au nom de l’intérêt
général, il ne doit pas descendre au niveau des obligations
de moyens, dont le choix doit être laissé librement
aux collectivités. |
| Un contrat
d’objectif pour les parcs nationaux |
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Les parcs nationaux,
créés sur le modèle des parcs américains
– mais il s’agissait dans le Nouveau Monde de territoires
devenus inhabités par la disparition ou l’exode des
populations indigènes –, apparaissent de plus en plus,
aux yeux des populations locales, comme des enclaves dotées
d’un statut d’extraterritorialité gérées
à discrétion par le pouvoir central et la technocratie
scientifique. Les élus de montagne estiment que des formes
de gestion plus décentralisées permettraient de réintégrer
ces territoires dans l’histoire et dans le patrimoine locaux
dont ils sont sortis lors de leur nationalisation, que les populations
locales en aient été ou non conscientes à l’époque.
La proposition de loi va dans ce sens en donnant des pouvoirs de
gestion renforcés au président et à son conseil
et en mettant en place un nouveau mode de gestion reposant sur un
contrat d’objectif entre le Parc et l’Etat. |
| Une gestion
plus équitable de Natura 2000 |
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En application
du principe de gestion partenariale de l’environnement, deux
dispositions de la proposition de loi visent à améliorer
la procédure de désignation des sites du réseau
Natura 2000 sur deux aspects fondamentaux :
- d’une part, en imposant à l’Etat lors de la
consultation d’une collectivité sur un projet de périmètre,
de lui faire part des contraintes ou obligations qui s’imposeront
par la suite, ce qui n’a pas été le cas lors
des consultations menées dans les premières phases
de la mise en place de cette directive, attitude qui a été
largement à l’origine des refus ou réticences;
- d’autre part, en introduisant dans la logique de la gestion
contractuelle des sites Natura 2000 une distinction entre la rémunération
des actes de gestion conformes au document d’objectif (disposition
qui figure déjà dans la loi) et l’indemnisation
des pertes d’exploitation résultant des mesures de
préservation. |
Une gestion contractuelle
pour les espaces et ressources sensibles |
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Dans le même
esprit de respect de l’autonomie des collectivités,
la proposition de loi définit les conditions d’intervention
pour les espaces ou ressources sensibles.
Elle met en œuvre une procédure qui comprend trois étapes
: une information partagée sur ce qui peut fonder une démarche
de protection et de gestion particulière; une définition
en commun des objectifs de gestion à atteindre ; une convention
par laquelle l’Etat et la collectivité définissent
les missions de protection ou de gestion particulière qui
incombent à la collectivité.
Il est évident que si une telle procédure avait été
mise en œuvre pour Natura 2000 – ou d’autres espaces
ou ressources naturelles qui font l’objet de protections fortes
qui écartent généralement les collectivités
– la mise en œuvre de cette directive (et d’abord,
très amont, son élaboration) n’auraient pas
conduit aux conflits constatés et à un véritable
sentiment de dépossession des collectivités et au
total à une mise en œuvre peu efficace.
Les élus auraient dû être informés dès
le début de la mission confiée aux naturalistes du
Muséum et les conditions de son déroulement débattues,
les maires tenus au courant de la venue des experts, des conditions
de leur recherche et des résultats scientifiques de celle-ci
; ensuite une deuxième phase de débat se serait ouverte
sur l’intérêt de protéger ou non et enfin
les décisions auraient été prises en commun,
selon une démarche qui est simplement celle de la démocratie. |
| Financer une
nouvelle capacité technique à gérer |
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" La gestion
des espaces, ressources et milieux naturels, des sites et paysages,
de la qualité de l’air, des espèces animales
et végétales, de la diversité et des équilibres
biologiques auxquels ils participent ", selon les termes mêmes
qui figurent dans le code de l’environnement et qui est devenu
un objectif d’intérêt national sur l’ensemble
du territoire et singulièrement dans les régions de
montagne particulièrement riches en ressources environnementales,
peut-elle être assurée dans toute sa complexité
par les seuls moyens des collectivités dès lors qu’elles
revendiquent cette responsabilité ?
La réponse est plutôt négative, de même
qu’aucune commune ne prétendrait pouvoir gérer
sans conseil et sans service des budgets et des programmes complexes.
Les collectivités doivent donc se donner la capacité
technique d’assumer cette mission et se doter en conséquence
de moyens d’expertise de haute qualité pour la gestion
de leur environnement pris au sens large. C’est l’objectif
du Fonds départemental de gestion de l’espace et des
ressources naturelles, dont la création figure dans la proposition
de loi.
Ce fonds, dont l’initiative de la création revient
au département et qui est géré par lui, est
alimenté par une ressource identique à la TDENS. Plutôt
que de mettre en place un service départemental type CAUE,
il a été jugé préférable que
le fonds intervienne par la prise en charge de missions d’expertises
ou de conseil – y compris bien entendu par appel aux compétences
de l’administration – pour aider les collectivités
à répondre aux problèmes concrets auxquels
elles sont confrontées ou pour la mise en œuvre de programmes
de protection et de gestion durable de l’environnement.
Un fonds de péréquation est également créé
pour mutualiser ces ressources. |
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Jean
Lassalle, Député des Pyrénées-Atlantiques
" Quand j’ai lu
l’exposé des motifs sur ce qui concerne les ressources
naturelles, j’ai eu beaucoup d’espoir, puisqu’il
est écrit que la loi introduit le principe de la compétence
de droit des collectivités sur leur territoire dans la gestion
de l’environnement. Mais en avançant dans ma lecture,
j’ai découvert qu’il s’agissait tout simplement
d’avaliser Natura 2000. Après, tout sera archiverrouillé.
La prédominance de l’Europe sera rentrée dans
les faits et il suffira de nous consulter pour pouvoir nous imposer
ce que nous aurons refusé. C’est comme l’obligation
de désigner un élu comme président des parcs
nationaux. Il aura forcément un mauvais rôle puisque
c’est lui qui choisira le directeur. Il endossera donc la
responsabilité de son action. Conclusion, la copie est à
revoir. " |
| " Une
révision nécessaire de la loi pour faire face à
la décentralisation " |
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Joël
Giraud, Député des Hautes-Alpes
" Il ne faut pas opposer
environnement et développement économique. C’est
pourquoi Natura 2000 est bénéfique (même dans
la transcription maximaliste qu’en a fait la France), car
elle permet de concilier l’homme et la place de l’homme
dans la nature. L’environnement est une chance pour l’économie
locale qu’il faut savoir s’approprier. Il est important
que la loi montagne soit révisée au moment où
une décentralisation accrue, essentiellement budgétaire,
va se développer. Cette loi permet de redéfinir et
d’autoriser une politique transversale qui, aujourd’hui
s’applique avec des variantes. Le massif alpin est bien placé
pour le savoir puisque il est à cheval sur deux régions,
Paca et Rhône-Alpes, qui ont des démarches différentes.
De même que l’Europe sera l’Europe des régions
ou qu’elle ne sera pas, la montagne sera européenne
ou elle ne sera pas. "
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