De nouvelles responsabilités,
de nouveaux moyens d'action |
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Dossier "Institutions"
Sommaire du PLM 126-127
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L’un des
objectifs majeurs de la loi est de mettre en œuvre un partenariat
dynamique entre les régions d’un même massif
et entre celles-ci et l’Etat. Cet objectif ne peut être
atteint que si l’Etat a en face de lui un interlocuteur unique.
Ceci suppose donc la création d’une entente interrégionale,
forme habituelle de la coopération entre régions.
Si celle-ci est en mesure de concevoir un projet de massif, l’Etat
sera conduit lui aussi à réévaluer son engagement
à un niveau supérieur dans les politiques de massif.
Pour autant, le rôle des représentants directs du territoire
ou des activités économiques, qui se retrouvent au
sein du comité de massif, ne sera pas réduit, bien
au contraire. Celui-ci voit ses pouvoirs renforcés. Il devient
incontournable et est notamment chargé d’initier une
" charte de massif ". Quant au Conseil national de la
montagne, il devient lieu de concertation entre l’Etat et
les montagnards et lieu de débat entre la montagne et la
société civile. |
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• Renforcement des pouvoirs et des moyens
du Conseil national de la montagne qui joue le rôle de conseiller
du gouvernement et de lieu du débat public sur la montagne
; présidé par le Premier ministre, il est vice-présidé
par un élu, sa composition est élargie aux présidents
de régions et présidents d’ententes de massif.
• Création d’une entente interrégionale
de massif entre les régions appartenant à un même
massif ; elle est l’interlocutrice de l’Etat pour l’établissement
de la Convention interrégionale de massif.
• Renforcement des pouvoirs et des moyens du comité
de massif présidé désormais par un élu
; il est chargé conjointement avec l’entente d’élaborer
un document de prospective et d’orientation, la charte de
massif ; il est associé à l’élaboration
de la convention interrégionale de massif.
• Réactivation du Fiam sous forme d’un Fonds
pour l’innovation et l’expérimentation (Fiem),
doté de moyens accrus, alimenté et cogéré
par l’Etat et les régions (ou l’entente), et
pouvant recevoir des ressources nouvelles.
• Mission interministérielle et interrégionale
plus " musclée " confiée aux commissariats
de massif. |
Un CNM plus autonome,
avec de nouveaux moyens et de nouvelles ambitions |
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Dans le dispositif
institutionnel qui gère la politique de la montagne et des
massifs, le CNM constitue l’organisme qui propose au gouvernement
les décisions en matière de politique de la montagne
avec l’appui de la Datar. Il joue ce rôle à peu
près à la satisfaction des parties. Mais si la concertation
Etat- Montagne est relativement satisfaisante, un autre acteur de
taille reste de côté, qui pourtant, de multiples façons,
détermine l’avenir de la montagne, à savoir
la société elle-même. Il est donc proposé
de faire du CNM non seulement le lieu de concertation privilégiée
entre l’Etat et les représentants de la montagne, mais
aussi le lieu du débat public montagne- société.
Ce débat est devenu de plus en plus nécessaire. Que
voulons-nous faire de la montagne ? Un lieu d’accueil et de
loisir ? Un espace protégé ? Ou aussi un espace productif
capable d’apporter un large éventail de productions
ou de services à la nation qui éviteront à
la montagne une spécialisation qui ne lui a jamais été
profitable ? Voulons-nous développer les énergies
renouvelables, mettre en place des moyens de transport modernes,
etc ? Telles sont quelques-unes des questions d’actualité
qui mériteraient d’être traitées au fond.
Il y a quelques années ce débat pouvait se circonscrire
entre le gouvernement et les représentants de la montagne.
Avec le retrait partiel de l’Etat et l’émergence
d’une " société civile " de plus
en plus influente car de plus en plus organisée, il est souhaitable
que le débat soit ouvert plus largement et qu’il ait
lieu dans une enceinte où le dialogue peut réellement
s’établir. Mais cela suppose que le CNM se dote des
moyens de jouer ce rôle, d’organiser des rencontres,
de publier des avis, etc. Ce que propose la loi de modernisation. |
| Des missions interministérielles et interrégionales de massif |
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La proposition
de loi ne peut pas définir l’organisation administrative
de l’Etat. Celle-ci relève – sauf exception –
du domaine réglementaire. Mais elle peut définir des
objectifs à cette action qui entraînent de facto un
certain mode d’organisation. Ainsi la proposition de loi fait
obligation à l’Etat " de prendre toutes dispositions
pour assurer une unité de décision et de gestion des
moyens d’Etat dans le massif, de dialogue et de représentation
auprès de l’ensemble des institutions, collectivités
et organisations du massif ". En d’autres termes, cela
signifie que l’Etat est invité à gérer
les administrations du massif dans un cadre interrégional
et interministériel, ce qui suppose qu’il donne aux
commissariats de massif une mission horizontale de mobilisation
des services au profit des politiques de massif. C’est la
condition d’une plus grande efficacité de l’Etat. |
| Le Fiem : un fonds pour innover, expérimenter, animer |
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La loi d’aménagement
de 1995 – dite loi Pasqua – avait fondu le Fiam dans
le FNADT, contre l’avis des montagnards. Ces crédits
avaient la particularité d’être gérés
de façon souple par la Datar et les commissaires de massif,
et de soutenir les initiatives locales de développement sans
formalisme excessif. La proposition de loi vise d’abord à
reconstituer ce mode de financement qui avait néanmoins perduré,
mais avec des crédits réduits.
Elle élargit de plus les sources de financement de deux façons
: d’une part grâce à une contribution des régions
(ou de l’entente) qui devrait être de même niveau
que celle de l’Etat et, d’autre part, en laissant la
possibilité d’alimenter ce compte par une ressource
fiscale ou par un prélèvement sur d’autres dotations.
S’il en était ainsi, ce Fiem pourrait devenir le fonds
montagne, que beaucoup appellent de leurs vœux, qui aurait
pour ambition de soutenir le développement économique
de la montagne en dehors des moyens classiques. |
| L’Entente interrégionale pour mieux cogérer avec l’Etat |
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L’aménagement
du territoire est devenu depuis quelques années une responsabilité
partagée entre l’Etat et les régions. Tous les
grands équipements, toutes les grandes décisions font
intervenir les régions. Celles-ci vont voir leurs moyens
et leurs responsabilités accrus par la décentralisation.
La politique de massif uniquement pilotée
par l’Etat – mais la région était cependant
appelée
à la financer – devenait une anomalie. Celleci
était moins due à une volonté de l’Etat
de garder
pour lui la direction qu’à une situation très
éclatée des régions par rapport au massif.
En fait, il y avait, du côté des collectivités
territoriales, pluralité d’interlocuteurs, sans vision
générale de ce territoire.
La proposition de loi vise à remédier à cette
situation en mettant en place un organisme de coopération
interrégionale, l’Entente de massif. Cet organisme
agit selon le mode habituel des groupements de collectivités
: les régions lui délèguent des compétences
et les moyens correspondants, il a donc pleine capacité pour
intervenir. Il est prévu, notamment, que ce soit l’Entente
qui signe au nom des régions la convention interrégionale
de massif. Cette formule doit permettre aux régions du massif
de se hisser à une vision globale de ce territoire pour traiter
en coopération des questions d’intérêt
interrégional qui relèvent de leur compétence
commune ; l’Entente de massif devient donc le partenaire naturel
de l’Etat.
Jusqu’ici, les régions observaient plutôt l’action
de l’Etat qu’elles n’y participaient réellement.
Désormais, ayant quasiment le même niveau de responsabilité,
elles devraient s’engager totalement, en tirant également
les départements vers une vision et une action plus larges. |
| Des comités de massif renforcés pour représenter et proposer |
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Le comité
de massif ne change guère dans sa composition, mais il voit
son rôle se transformer. Jusqu’ici, il était
le conseiller et parfois l’interlocuteur de l’Etat.
Il ne doit pas devenir le spectateur d’un dialogue bilatéral
entre l’Etat et l’Entente de massif mais un élément
indissociable et incontournable d’un dispositif tripartite.
L’Etat et la région, par nature, gèrent. Il
doit être dans ce dispositif celui qui réfléchit
sur le moyen terme et trace de nouvelles perspectives, est en mesure
de dégager, en raison même de sa composition, une vision
interrégionale et intersectorielle et exprime les besoins
et préoccupations des populations du massif et des secteurs
d’activités dont il est l’expression.
Cette triple fonction d’exploration, de synthèse, d’expression
du terrain, le comité de massif est invité à
l’exercer pleinement au travers de l’élaboration
d’un document d’orientation, la charte de massif, destinée
à promouvoir pour l’ensemble des acteurs publics et
privés une vision commune du développement du massif,
de son avenir, et un cadre commun de référence pour
l’action. La charte est un document indicatif mais peut avoir
un puissant rôle d’orientation des décisions
si elle exprime une réelle stratégie de développement
au niveau du massif.
Pour mener cette tâche à bien, comme celle de conseiller
de l’Etat et de l’entente qui lui est impartie par le
texte, le comité de massif doit disposer de moyens propres
de fonctionnement et d’étude pour ne pas rester totalement
dépendant des travaux de l’administration, et donc
sans capacité suffisante d’initiative dans le domaine
de la proposition, en s’appuyant sur des études de
qualité. |
| " Un dispositif innovant et positif " |
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Jean
Briane, Ancien député de l’Aveyron, ancien
président de la Commission permanente du Comité du
Massif central
"L’ensemble du
nouveau dispositif institutionnel m’a enthousiasmé.
Il rend obligatoire un fonctionnement interterritorial. Il devrait
normalement motiver les élus pour partager des projets et
des décisions.
Cette contrainte légale, c’est du concret. Quand vous
voulez agir en zone de montagne, vous êtes obligé de
lancer des dossiers qui débordent des limites de tel ou tel
territoire. Mais jusqu’à présent vous vous heurtiez
à des problèmes de susceptibilité. Chacun voulait
défendre son petit morceau de pouvoir. Un projet, à
peine lancé, était tout de suite stoppé ou
ralenti.
Durant toute ma vie publique je me suis trouvé confronté
à ces causes d’immobilisme. Aujourd’hui, j’ai
pris du recul, mais pour un peu je recommencerais. La politique
de massif, qui avait déjà fait de grands pas avec
les conventions interrégionales de massif, va pouvoir encore
progresser. Partant de mon expérience du Massif central,
où cinq régions se "partagent" le massif,
au sens propre et au sens figuré, puisque nous avions souvent
l’impression de "chasses gardées", nous
dépensions une énergie formidable à mettre
tout le monde d’accord.
Le nouveau système, s’il est adopté, va contourner
toutes ces difficultés. J’attache du prix aux symboles
et aux expressions. Je crois que les terme" entente de massif "vont créer leur propre dynamique de rapprochement
et de coopération. Les hommes politiques de montagne vont
disposer des moyens juridiques pour agir."
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