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Egalité des chances,
maîtrise de la gestion et du développement |
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Sommaire du PLM 126-127
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La démarche
engagée par les élus de la montagne trouve sa source
dans un double constat partagé unanimement : une large partie
de la montagne a continué à perdre du terrain, en
valeur absolue ou relative, les élus et responsables socioprofessionnels
ont vu leurs pouvoirs et capacités de gestion s’amenuiser
au fil des ans. Ainsi l’objectif majeur que fixait la loi
montagne de 1985, la réduction des inégalités
par une politique " d’autodéveloppement ",
c’est-à-dire maîtrisée par les populations,
est loin d’être atteint. La proposition de loi montagne
remet donc sur le chantier ce grand objectif en offrant de nouveaux
moyens pour mettre en œuvre une véritable égalité
des chances territoriale, et d’autre part en renforçant
les responsabilités et la capacité des élus
et organisations de montagne à prendre en mains leur destin
et à le conduire selon les voies de développement
qu’ils auront choisies. Telles sont les deux orientations
majeures de ce texte qui sont présentées dans l’article
premier et déclinées dans les soixante-douze autres
articles. |
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Pour illustrer
l’esprit de la démarche des élus, la première
partie de l’article premier qui définit les orientations
mérite d’être citée (la seconde partie
renvoie aux moyens).
Article premier - La République française reconnaît
la montagne comme un territoire dont le développement équitable
et durable constitue un objectif d’intérêt national
en raison du rôle économique, social, environnemental,
sanitaire, culturel que joue la montagne dans la nation et la société.
Au sens de la présente loi, le développement équitable
et durable de la montagne s’entend comme une dynamique de
progrès initiée, portée et maîtrisée
par les populations de montagne et appuyée par la collectivité
nationale, qui doit permettre à ces territoires d’accéder
à des niveaux et conditions de vie comparables à ceux
des autres régions et offrir à la collectivité
des services, produits, espaces, ressources naturelles de haute
qualité. Elle doit permettre également à la
société montagnarde d’évoluer sans rupture
brutale avec son passé et ses traditions en conservant et
en renouvelant sa culture et son identité… |
| Un développement équitable et durable de la montagne |
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L’article
premier, très condensé, doit être explicité.
Il introduit un concept central, nouveau pour notre pays (mais largement
diffusé sur le plan international auprès des "
Populations des montagnes du monde "), celui de " développement
équitable et durable ". Alors que généralement
n’est retenue que l’expression de " développement
durable ", l’introduction de " équitable " change beaucoup de choses.
L’article premier affirme à la fois la volonté,
les droits et les devoirs des montagnards. La volonté, c’est
de mettre en œuvre, par eux-mêmes, une véritable
dynamique de progrès, ce qui éloigne de toute idée
d’assistance et de compensation statique des handicaps.
Le droit des montagnards, c’est de garder la maîtrise
de leur territoire et de son évolution, de choisir les voies
de développement, d’éviter la rupture brutale
avec le passé, de conserver leur identité et d’être
appuyé en cela par la collectivité nationale pour
parvenir, au plan économique et social, à une situation
comparable à celle des autres régions.
Le devoir (ou la responsabilité) des montagnards –
qui se confond avec leur intérêt profond – c’est
de faire de la montagne un territoire qui joue un rôle important
dans la nation, à la fois par la diversité de ses
fonctions et par la qualité et la richesse environnementale
de son territoire, de ses ressources naturelles et de ses produits
et services. Ainsi, la première partie de l’article
premier (voir l’exposé des moyens figurant dans la
deuxième partie de cet article) définit le nouvel
objectif que se fixent les populations de montagne en souhaitant
que la nation le fasse sien et le reconnaisse comme d’intérêt
national. |
| L’indispensable prolongement européen et international |
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L’article
2 de la loi, qui invite le gouvernement à défendre
la spécificité de la montagne sur le plan européen
et international, n’est pas gratuit. Car malgré la
loi de 1985, qui créait une obligation de même nature,
les gouvernements successifs ne se sont pas réellement engagés
en faveur d’une politique européenne de la montagne,
de même qu’ils ne portèrent guère les
préoccupations des populations de montagne sur la scène
internationale où se décident de plus en plus les
règles de gestion de ces territoires (conception internationale
du " développement durable "). Pourquoi la montagne
ne constituerait-elle pas une " exception territoriale "
dans les accords internationaux qui prévoient de soumettre
agriculture, services, propriété intellectuelle (indications
géographiques d’origine…) aux règles du
marché ? Ce serait à la fois le moyen d’apporter
un nouveau concours aux pays de montagne en développement
et d’écarter certaines menaces sur les montagnes des
pays développés. |
| Une nouvelle définition de la spécificité montagnarde |
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L’article
3 de la proposition de loi introduit une nouvelle définition
de la montagne. Celle-ci est présentée comme un territoire
caractérisé par des modes de vie et d’occupation
de l’espace, des activités économiques, des
formes d’organisation sociale et des cultures originales,
ainsi que par des écosystèmes particuliers représentant
autant d’adaptations des sociétés ou espèces
aux caractéristiques géographiques que sont l’altitude,
la pente, le climat. La montagne est ainsi saisie dans son originalité
et dans son identité profonde. Elle apparaît comme
un " système " complexe, géographique,
humain, biologique, qui exige d’être appréhendé
dans son ensemble. Le fondement de l’intervention publique
n’est donc plus le handicap à corriger mais le caractère
spécifique d’un territoire, ce qui élargit considérablement
le champ des politiques à mettre en œuvre. |
| Mobiliser de nouvelles forces et de nouveaux moyens |
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Le nouveau progrès
que les montagnards veulent mettre en œuvre, sur quels moyens
nouveaux reposera-t-il ? La proposition de loi fonde ce progrès
(dans le champ législatif qui ne couvre qu’une partie
de la politique de la montagne) sur quatre moyens principaux.
D’abord un engagement accru des régions – qui
vont jouer désormais un rôle déterminant dans
le développement économique – et à travers
celles-ci de tous les moyens qu’elles sont en mesure de mobiliser
au profit de la montagne et notamment l’Europe.
Ensuite, un renforcement des outils de développement économique
avec un double objectif : conforter les activités traditionnelles
de mise en valeur de l’espace et des ressources naturelles
(agriculture - forêt - tourisme - énergie) et renforcer
le développement des " nouvelles " activités
qui ne nécessitent plus d’être dans des zones
de forte densité pour s’épanouir.
Troisième atout : un élargissement des pouvoirs réels
des collectivités dans la gestion et l’utilisation
de l’espace, celui-ci étant d’autant plus stérilisé
par des règles contraignantes qu’il était peu
urbanisé. Les régions de faible densité de
population se trouvaient donc largement pénalisées.
Enfin, une nouvelle politique des services. Il s’agit de substituer
à une obligation réglementaire de service (de moins
en moins respectée) une obligation contractuelle qui doit
amener d’une part les gestionnaires de service à envisager
autrement leurs relations avec les populations et d’autre
part les collectivités à s’engager davantage,
les deux partenaires étant invités ainsi à
faire preuve d’imagination et à coopérer. |
Montagne
et
zones de revitalisation rurale :
deux actions complémentaires |
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La proposition
de loi comprend deux parties d’une inégale ampleur
: la première est consacrée spécifiquement
à la montagne (52 articles), la seconde aux zones de revitalisation
rurale (21 articles). Le choix d’aller au-delà de la
seule politique de la montagne s’imposait en effet.
Les trois quarts de la montagne sont classés en zone de revitalisation
rurale pour laquelle une politique a été esquissée
en 1995 par la loi Pasqua, mais cette politique est restée
en déshérence. La politique de la montagne n’a
pu se substituer à celle-ci car elle ne coïncide que
partiellement avec ces ZRR. D’autre part, toutes les zones
de montagne ne sont pas justiciables de mesures destinées
à des territoires de faible densité de population
qui connaissent un déclin démographique et économique
important. Même l’approche par le massif n’est
pas adéquate pour les mêmes raisons. Néanmoins,
l’enjeu pour la montagne est important puisqu’une grande
partie de son territoire est concernée.
Ceci justifiait donc que les élus de la montagne, qui avaient
déjà été à l’origine de
la politique de revitalisation rurale, se préoccupent de
construire un dispositif puissant pour ces territoires en difficulté,
de même que les politiques de grande envergure sont mises
en œuvre pour les zones urbaines difficiles. |
| " Un code de la montagne est nécessaire " |
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Robert
de Caumont, Rapporteur de la loi de 1985 à l’Assemblée
nationale
" La loi de 1985 a été
la première loi d’aménagement du territoire.
Son point de départ a été une commission d’enquête
de l’Assemblée nationale. Le texte gouvernemental primitif
était décevant. Le texte définitif a été
voté à l’unanimité parce qu’il
était porté aussi bien par des gens de droite que
par des gens de gauche. Sur le même principe de neutralité,
nous avons créé l’ANEM qui regroupe 80% des
communes concernées, puis l’AEM, car un massif montagneux
ne s’arrête pas aux frontières. Le nouveau projet
sera, lui aussi, présenté par des parlementaires de
toutes tendances. La loi de 1985 a bien vieilli. Les évolutions
se sont faites au travers des différents codes (agriculture,
forêt…). Ces dispositions sont maintenant éparpillées
au travers de huit codes. C’est trop. Il faudrait élaborer
un code de la montagne. " |
| " Une réussite dans le domaine touristique " |
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Jean
Faure, Rapporteur de la loi de 1985 au Sénat
"D’une manière
générale, la loi montagne a permis une responsabilisation
des maires. Elle a été une réussite dans le
domaine du développement touristique. Elle a permis de régler
beaucoup de conflits en précisant les modalités d’application
des règles de l’urbanisme à ce milieu particulier.
Les communes ont tiré des revenus supplémentaires
par la taxe sur les remontées mécaniques et ont obtenu
une participation financière des pratiquants du ski de fond.
Il était devenu nécessaire de procéder à
certaines améliorations. Le principe de continuité
des hameaux est une notion qui manque de souplesse et qui est souvent
sujette à interprétation. Les nouvelles dispositions
concernant les UTN offrent une définition plus claire et
permettront des applications qui prendront mieux en compte les spécificités
locales. D’autres points de la loi méritent d’être
améliorés, notamment l’organisation de la pluriactivité.
Mais là c’est un serpent de mer… "
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