... prévention,
santé publique, énergies renouvelables |
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Dossier "Prévention des risques"
Sommaire du PLM 126-127
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Les difficultés
d’exercice de la pluriactivité demeurent parmi les
blocages importants pour une plus grande fluidité entre des
activités qui sont – en montagne – largement
complémentaires. De plus, les pluriactifs – l’un
ne va pas sans l’autre – restent pénalisés
par la difficulté ou l’impossibilité d’accéder
au régime général des droits sociaux. La proposition
de loi vise à lever ces blocages ou difficultés qui
– compte tenu de leur importance – justifie un grand
nombre de mesures. Au total, il s’agit de potentialités
humaines mal utilisées. Mais il est aussi des potentialités
naturelles de la montagne tout à fait sous-exploitées,
telles les ressources qu’elle peut offrir en matière
de la santé publique, tant sur le plan de la prévention
que de la guérison et, dans un autre registre, sur le plan
de l’énergie. Dans les deux cas, des dispositions prévoient
là aussi de lever des blocages. |
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• Redéfinition des guichets
uniques et caisses pivots, dont la mise en place devient obligatoire,
pour préciser leurs missions et extension de leur champ géographique
d’application, au-delà de la zone de montagne, à
l’ensemble des zones touristiques ou climatiques.
• Application spécifique du régime des trente-cinq
heures, notamment pour les
employés permanents des services de déneigement.
• Clause de reconduction dès le deuxième contrat
de travail saisonnier consécutif en l’absence de prime
de précarité.
• Cotisations et prestations au prorata des durées
effectives de travail.
• Mixité des groupements d’employeurs au sein
desquels chaque employeur conserve son statut, notamment fiscal,
et limite son endettement au prorata du temps effectif d’emploi
du salarié.
• Possibilité pour les communes touristiques d’exiger
de la part des constructeurs de logements sociaux d’intégrer
dans leur projet des logements réservés aux pluriactifs.
• Droit des saisonniers à inscrire leurs enfants à
l’école de leur commune de travail ou de résidence. |
| Un régime
plus aligné et égalitaire pour la pluriactivité
? |
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Condensées
en six articles seulement, les dispositions relatives à la
pluriactivité et à la saisonnalité que contient
la proposition de loi de l’ANEM consistent en une véritable
batterie d’une vingtaine de mesures portant dans des secteurs
aussi divers que l’organisation des relations de travail,
le droit au logement, la construction, et même l’éducation.
Leur objectif est avant tout de garantir l’égalité
de traitement des pluriactifs et saisonniers en termes de droits
sociaux et économiques avec les autres catégories
de travailleurs, afin que cette situation de travail éclatée,
et jusqu’ici considérée comme marginale, ne
se traduise pas par un statut discriminatoire et dissuasif. Ainsi,
la proposition entend relancer la dynamique des guichets uniques
et des caisses pivots (qui aujourd’hui n’en sont encore
qu’au stade d’expérimentations isolées)
en rendant obligatoires les premiers au 1er janvier 2005 et les
secondes au 1er janvier 2008.
De même, elle introduit le principe d’un régime
spécifique d’application des 35 heures afin de ne pas
écorner les durées potentielles d’activité
en saison, entend faire de l’emploi saisonnier un emploi régulier
en instituant une clause de reconduction en l’absence de prime
de précarité, en créant le contrat de travail
intermittent, et en autorisant la mixité public/privé
des groupements d’employeurs.
En matière de logement, les codes de la construction et celui
de l’urbanisme sont modifiés pour permettre d’imposer
la prise en compte des logements de saisonniers dans le dossier
de présentation des UTN et favoriser leur intégration
dans la réalisation de parcs de logements sociaux dans les
communes classées stations de tourisme. |
| " Des
solutions pour le recrutement des saisonniers " |
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Bernard
Juillard, Conseiller général de Savoie
" Nous constatons qu’il
est de plus en plus difficile de recruter des saisonniers. Si les
guichets uniques sont réellement créés, nous
pouvons espérer que cela s’améliorera. Faut-il
encore que les différentes caisses concernées jouent
le jeu. Il faut que les pluriactifs puissent reconstituer leur carrière
au moment de prendre leur retraite sans être confrontés
à une démarche infernale. Il est bon aussi de consacrer
un volet de la loi à la formation, sinon les saisonniers
auront toujours du mal à occuper des emplois nécessitant
une meilleure qualification. L’obligation de logements réservés
au sein des HLM est une mesure positive, car le prix élevé
des locations dans ces endroits touristiques est un obstacle supplémentaire
au recrutement, qui contraint souvent les employeurs à avoir
recours à des solutions de dépannage. Ces propositions
permettent d’offrir aux pluriactifs les perspectives d’une
certaine stabilité. " |
| La forêt
de montagne a mobilisé les communes forestières |
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La forêt
n’a pas été " oubliée " dans
la rédaction de la proposition de loi montagne. Mais les
dispositions qui l’intéressent seront introduites ultérieurement.
En effet les fédérations ou organismes qui regroupent
les communes forestières de montagne ont préféré
conduire un processus de consultation très complet qui s’est
révélé plus long que prévu. Les propositions
sont maintenant prêtes mais les délais de mise en forme
législative n’ont pas permis de les prendre en compte.
Or il était indispensable que la proposition de loi soit
déposée avant la fin de la session parlementaire de
juillet pour assurer une concomitance avec le calendrier du gouvernement
et le dépôt du projet de loi sur le développement
rural . |
Mieux exploiter
les ressources de la montagne
en matière d’énergie |
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La montagne
se singularise au sein de la production énergétique
par son potentiel élevé en matière d’énergies
renouvelables, notamment hydraulique et éolienne. Ces secteurs
étant appelés à une optimisation certaine pour
satisfaire aux engagements du protocole de Kyoto sur la réduction
des émissions de gaz à effet de serre, le projet de
l’ANEM comporte des dispositions incitatives pour chacun d’eux.
En matière éolienne, tout d’abord, afin d’assurer
la cohérence de l’équipement du territoire en
fermes éoliennes, tant d’un point de vue économique
que paysager et environnemental, il s’agirait de rendre obligatoires
les plans régionaux d’énergie éolienne
jusqu’ici optionnels, et de restreindre aux seules intercommunalités
à TPU la possibilité d’accéder à
ces équipements.
Dans le secteur hydraulique, pratiquement saturé concernant
les grandes unités de production, il est proposé d’encourager
l’implantation de microcentrales hydrauliques en montagne,
installées au fil de l’eau et sans effet sur l’écoulement
des lits majeurs des rivières, en rouvrant la classification
actuelle des cours d’eau au regard de ce nouveau contexte.
Il ne s’agit pas d’instaurer des aides financières
spécifiques à ce type d’équipements,
mais d’en permettre la réalisation en tant qu’outil
de développement local.
Les collectivités locales (communes ou groupements) doivent
pouvoir en conserver la maîtrise si elles le souhaitent en
réalisant elles-mêmes l’investissement, et pour
cela ne doivent pas être pénalisées par rapport
aux opérateurs privés s’agissant de la durée
des amortissements. |
Mieux utiliser
les ressources environnementales
du territoire pour la santé
publique et la prévention |
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Deux dispositions
d’apparence modeste visent à faire prendre en compte
dans l’élaboration de la carte sanitaire et le schéma
d’organisation sanitaire, d’une part, dans la politique
de prévention sanitaire, d’autre part, l’apport
potentiel de la montagne à la santé publique. Cette
idée pourra paraître saugrenue à ceux qui ne
jurent que par la " molécule ", mais c’est
sans doute faire fi un peu vite de l’environnement.
D’abord de celui dans lequel vit la plus grande partie de
la population française pour lequel il n’y a pas de
mots assez durs pour en dénoncer les méfaits : pollution,
ozone, CO2, à l’origine de maladies respiratoires qui
tendent à devenir chronique ou au pronostic sévère.
D’autre part de celui qu’offre la montagne ou les zones
rurales. Dans ces conditions, est-ce si stupide d’inviter
à localiser en montagne certains établissements de
santé, autant pour la prévention que pour la guérison
? Le rapport coût-avantage pencherait certainement du côté
de la montagne si on voulait bien prendre en compte tous les éléments.
La proposition de loi vise donc, dans l’établissement
de la carte sanitaire, qui est destinée selon le code de
la santé publique à " susciter les évolutions
nécessaires de l’offre de soins, en vue de satisfaire
de manière optimale la demande de santé " à
prendre en compte également, comme critère d’implantation,
" la capacité des territoires à offrir un environnement
favorable à la guérison ou à l’amélioration
de l’état sanitaire, notamment pour les enfants, les
handicapés et les personnes âgées ".
De même, est-il prévu par une disposition de la proposition
de loi que la politique de prévention tend " à
utiliser pleinement les ressources climatiques et naturelles du
territoire national pour réduire les risques de détérioration
de la santé des populations soumises quotidiennement à
un environnement défavorable ". |
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Que vont devenir
ces propositions – au total plus de 120 regroupées
dans 73 articles – dont les grandes lignes ont été
présentées tout au long de ce numéro spécial
de " Pour la Montagne " ? Elles ont une première
vertu : afficher les orientations d’action de l’ANEM,
quel que soit le sort qui leur sera réservé par le
Parlement dans les débats à venir. En effet, il ne
s’agit pas de propositions opportunistes, mais de mesures
longuement travaillées et discutées depuis dix-huit
mois, dans le cadre de la mission sénatoriale, puis des travaux
internes de l’association. Elles s’enrichiront prochainement
des conclusions du rapport Brottes-Coussain de la mission de l’Assemblée
nationale. Elles sont donc destinées à structurer
l’action de l’ANEM pour les années à venir
car elles apportent des réponses de fond à des problèmes
structurels. Grâce à ce travail intense, l’ANEM
sait où elle va, et surtout elle discerne mieux les évolutions
souhaitables de la politique de la montagne, que ce soit dans le
domaine des institutions, du développement, des services,
de la gestion de l’espace et des ressources naturelles, de
l’urbanisme, etc. D’autre part, ce travail collectif,
déjà largement débattu dans des réunions
locales, n’est pas achevé. Il appelle souvent encore
un approfondissement ou une meilleure appropriation. En effet, une
politique susceptible d’orienter l’évolution
de la société ne dépend pas du vote d’un
texte mais d’une profonde adhésion aux principes qui
l’inspirent et qui inspireront à leur tour l’action. |
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