Prise en compte
des
charges réelles
et du service environnemental |
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Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 126-127
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La proposition
de loi introduit de nouveaux principes dans le financement des collectivités
que les élus de montagne auront l’occasion de défendre
également lors de la réforme des finances locales
à venir. Premier principe : le service environnemental que
rendent les collectivités – qui est synonyme de moindres
recettes et de charges accrues – doit être financé
: par les dotations d’Etat (introduction de critères
spécifiques de calcul) et par une contribution directe liée
à l’urbanisation (taxes sur les constructions). Deuxième
principe : le retrait, ou l’absence, ou l’insuffisance
de services à la population – qui se traduit par des
charges supplémentaires pour la collectivité concernée
– doit devenir un critère de charge spécifique
intégré dans le calcul des dotations. La prise en
compte de ces éléments, jusqu’ici ignorés
par l’administration, doit conduire à réévaluer
les charges exactes que supportent les collectivités rurales
ou de montagne. |
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• Prise en compte du service environnemental
dans le calcul des dotations par l’introduction d’un
critère " espaces naturels " et une utilisation
renforcée du potentiel fiscal superficiaire.
• Prise en compte des charges résultant de la participation
des communes et groupements de communes à l’organisation
des services publics qui relèvent de la responsabilité
de l’Etat. Dans l’immédiat, majoration des DGF
des communes et groupements dans les ZRR pour tenir compte des charges
exceptionnelles que celles- ci supportent.
• Réévaluation des DGF des communautés
de communes pour les rapprocher des dotations moyennes par habitant
des autres Epci à compétences identiques et intégration
fiscale comparable.
• Majoration des dotations en zone de revitalisation rurale
pour une durée de cinq ans afin de renforcer l’action
des collectivités territoriales qui jouent un rôle
essentiel dans le développement économique et social. |
| La prise en
compte du service environnemental |
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Aménager,
gérer, entretenir un parc urbain représente un coût
important dans un budget de villes. La " campagne "
ne se gère pas non plus en regardant l’herbe pousser,
a fortiori depuis le mouvement de retrait de l’agriculture.
Elle exige de multiples interventions souvent peu spectaculaires.
En contrepartie, plus un territoire est naturel moins il est générateur
de ressources qui trouvent leur origine dans des activités
qui supposent aménagements et constructions, et donc "
artificialisation " de l’espace .
Trois critères synthétiques permettent de prendre
en compte ces charges de gestion et la faiblesse des ressources
: l’importance en valeur absolue de ces espaces, le relief
et l’altitude qui engendrent des coûts supplémentaires,
le potentiel fiscal superficiaire. Celui-ci mesure en effet le rapport
entre la superficie et l’importance des activités qui
s’y déploient : plus celles-ci sont importantes plus
elles génèrent des ressources et inversement. Le potentiel
fiscal superficiaire mesure donc la densité des activités
sur un territoire. Et s’il y en a peu, c’est-à-dire
une faible population, la charge par habitant d’entretien
de ce territoire est d’autant plus élevée.
C’est sur la base de ces principes que la proposition de loi
introduit ces nouveaux critères dans le calcul de deux dotations.
Elle propose de répartir 10 % de la DSR en fonction de l’importance
des espaces à faible valeur productive et à haute
valeur environnementale (espaces pastoraux, superficies toujours
en herbe, forêts peu productives, zones humides, terrains
des parcs nationaux, biotopes, réserves naturelles, zones
de protection spéciale communautaire, etc).
Elle propose également de répartir 10% de la dotation
de péréquation de la DGF des communautés de
communes en fonction du potentiel fiscal superficiaire. |
Un meilleur
ciblage
pour
le Fonds de correction des déséquilibres
régionaux |
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Créé
par analogie avec la DFM, le Fonds de correction des déséquilibres
régionaux devait jouer le même rôle correcteur
pour les régions pauvres. Mais insuffisamment doté
(60 millions d’euros) et peu sélectif (treize régions
sur vingt-six, avec l’outre-mer) son action péréquatrice
reste faible. La proposition de loi vise à renforcer celle-ci
en orientant davantage les moyens de ce fonds vers les territoires
en difficulté, zones de redynamisation urbaine et zones de
revitalisation rurale. L’importance de la population située
dans l’une ou l’autre de ces zones interviendrait pour
25 % dans la répartition du fonds entre les régions. |
Aligner ou
rapprocher les DGF
des communautés de communes des autres
groupements |
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La proposition
de loi vise à mettre fin à de fortes inégalités
entre groupements de communes qui rappellent celles qui caractérisaient
la dotation principale de la DGF de 1985 où les écarts
par habitant étaient de l’ordre de 1 à 2,5,
ce qui avait d’ailleurs été l’une des
raisons de la réforme de 1993. Actuellement, l’écart
entre la DGF par habitant d’une communauté de communes
à fiscalité additionnelle et une communauté
d’agglomération se situe au même niveau : 40
euros pour celle-ci, 16,5 euros pour celle-là. De plus, les
communauté de communes à TPU et à compétences
identiques à celles des communautés d’agglomération
se voient attribuer 27 euros par habitant, là ou les autres
perçoivent 13 euros de plus. En conséquence, la proposition
de loi limite le premier écart à 35 % (soit 26 euros
pour les communautés de communes à fiscalité
additionnelle) et aligne les communautés de communes à
TPU sur les communautés d’agglomération. Un
délai de cinq ans est prévu pour la mise en œuvre
de ce rapprochement. |
| La participation
à l’organisation des services publics |
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Les communes
et communautés de communes des zones rurales – et singulièrement
dans les ZRR – se voient dans l’obligation de participer
à l’organisation des services au public sous la forme
d’engagements financiers ou de prestations en nature.
Ce transfert de charges est un phénomène désormais
suffisamment répandu pour qu’il soit reconnu comme
une charge permanente obligatoire et justifie une prise en compte
dans les concours de l’Etat, sous peine de voir introduites
de nouvelles et importantes inégalités entre collectivités
et entre territoires. Ce sera l’une des dispositions à
introduire dans la prochaine réforme des finances locales.
La proposition de loi anticipe sur de telles dispositions pour les
zones de revitalisation rurale qui subissent le plus les conséquences
des réorganisations des services et qui se trouvent dans
l’obligation de participer – au détriment d’autres
actions – aux dépenses d’organisation de certains
services.
Faute de pouvoir disposer d’éléments suffisamment
précis et chiffrés pour construire un nouveau critère
de répartition de dotation, la proposition de loi arrête
le principe d’une augmentation forfaitaire de deux dotations
: pour les communes, une majoration de 15 % pendant cinq ans de
la DSR, pour les communautés de communes, une majoration
de 15 % de leur DGF pour la même durée. Dans les deux
cas la majoration porte la même dénomination : "
Dotation temporaire aux zones de revitalisation rurale pour le maintien
des services de proximité ". |
Poursuivre
la croissance
de la Dotation de fonctionnement minimale des départements |
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Une vingtaine
de départements de montagne – parmi les plus importants
par le nombre de communes classées – situés
majoritairement dans le Massif central, les Pyrénées
et les Alpes du Sud, perçoivent une dotation minimale de
fonctionnement pour compenser la faiblesse de leurs ressources et
l’importance de leurs charges territoriales. En sont également
bénéficiaires une dizaine d’autres départements
métropolitains ou d’outre-mer.
De l’avis des départements concernés, cette
dotation complémentaire à la DGF principale a constitué
pour eux un apport extrêmement précieux qui a permis
de corriger partiellement l’insuffisance criante de leurs
ressources fiscales et des dotations d’Etat. D’un montant
modeste lors de sa création en 1985, elle a, au fil des réformes,
été améliorée, pour atteindre un niveau
significatif. Mais l’évolution promise par le législateur
qui devait l’amener rapidement à plus de 150 millions
d’euros en 2000 a été " étalée " par le Comité des finances locales. Le rythme prévu
de 10 % par an a été ramené à 5 % en
moyenne.
La proposition de loi, à l’appui de la politique de
revitalisation rurale qu’elle met en place, rétablit
ce rythme de progression à 10 % par an pour les cinq prochaines
années. C’est la condition pour que ces départements
qui sont invités à jouer un rôle central dans
cette politique puissent disposer des moyens de le faire. |
| " Corriger
les inégalités de la DGF " |
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Didier
Migaud, Député de l’Isère
" Les inégalités
sont évidentes, il suffit de comparer les chiffres. Les communautés
d’agglomération et les communauté urbaines ont
une dotation globale de fonctionnement (DGF) qui atteint respectivement
39,74 et 80 euros par habitant, alors que les communautés
de communes à TPU bénéficient d’une DGF
de 27,81 euros par habitant. Cette situation est anormale alors
que les besoins sont semblables.
L’amélioration de la péréquation est
une nécessité, notamment pour les communes rurales
et montagnardes. Celles-ci ont pour obligation de consacrer une
part importante de leur budget à l’entretien de l’environnement
pour le profit de tous. Nos communes de montagne ont également
besoin de crèches ou de haltes-garderies. Ces équipements
qui ne doivent pas être seulement réservés aux
zones urbaines. "
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| " La
DFM doit être revalorisée» |
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Jean
Digonnet, Conseiller général de la Haute-Loire
" Le conseil général
de la Haute-Loire attache une grande importance à l’une
des mesures concernant les départements : la poursuite de
la progression à un rythme élevé de la dotation
minimale de fonctionnement. Lors d’une réunion récente
des départements éligibles à cette dotation,
Jacques Barrot a rappelé que cette mesure n’était
pas négociable dans le cadre de la prochaine réforme
des finances locales, mais que de plus elle devait prendre de l’importance.
Je me félicite que la proposition de loi traduise en termes
législatifs cette volonté des quelque vingt-cinq départements
pour qui elle constitue un appoint stratégique pour leur
action. Nous espérons que le gouvernement nous suivra dans
cette proposition de progression qui ne compensera encore que partiellement
nos charges spécifiques et la faiblesse des ressources. " |
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