Un effort prioritaire
sur la rénovation de l'hébergement |
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Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 126-127
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La loi de 1985 a tracé le cadre dans lequel
doit s’exercer l’aménagement touristique. Elle
en confiait la responsabilité aux communes. Ce cadre doit
demeurer, même s’il appelle quelques retouches auxquelles
la proposition de loi procède notamment dans le domaine de
la délégation de service public. D’autres dispositions
auraient mérité d’être introduites (frais
de secours par exemple) mais la proximité de lois spécialisées
a fait apparaître cette démarche comme superfétatoire.
La proposition de loi met en place une forte incitation fiscale
à rénover l’immobilier de loisir. Elle pose
à nouveau le principe du financement, par les activités
qui en bénéficient directement, du développement
touristique, et tente de mieux cadrer le calendrier scolaire. |
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• Alignement de la législation montagne
sur les dispositions générales concernant la délégation
de service public (suppression des durées maximales) et possibilité
aux groupements de communes de se présenter de façon
groupée pour attribuer ces délégations.
• Déduction accrue des travaux de réhabilitation
pour les propriétaires qui s’engagent à louer
au minimum six ans.
• Mise en place d’un calendrier scolaire qui puisse
permettre un meilleur étalement des vacances et garde comme
unité de base la semaine légale.
• Définition par décret du taux et de la taxe
sur les entreprises spécialement intéressées
à la prospérité des stations. |
| Mettre en place
des zones franches de façon sélective |
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La proposition
de loi définit les conditions dans lesquelles pourraient
être créées des zones franches rurales. Il convient
de souligner que le régime fiscal, social, financier qui
est prévu dans le cadre de la proposition de loi est déjà
très incitatif au développement, pourvu qu’il
soit mis en œuvre énergiquement. La différence
fondamentale entre le régime ZRR ainsi défini porte
moins sur l’étendue des mesures d’exonération
(les entreprises sont généralement exonérées
en plus du foncier bâti ) que sur l’étendue des
bénéficiaires : là, uniquement les entreprises
qui investissent et créent des emplois, ici toutes les entreprises.
La philosophie est donc différente : là, un encouragement
à créer et avancer, ici, une incitation à faire
venir ou à conserver des entreprises au vu des avantages
dont elles bénéficient. Une telle politique doit donc
être réservée aux territoires qui sont très
en difficulté. |
L’amélioration
de la qualité
de la vie
et la prise en compte des surcoûts |
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La proposition
de loi fixe comme objectif de faire progresser de façon sensible
la qualité de vie dans la durée du programme de revitalisation
rurale, soit cinq ans. Il s’agit moins de changer les choses
dans tous les compartiments de la vie sociale que de montrer qu’il
y a une volonté des pouvoirs publics de rapprocher la situation
de ces territoires des autres régions afin de rendre confiance
et de stopper le processus de déclin ou d’exode.
Ainsi, un geste significatif est fait en vue de réduire le
coût élevé que représente pour ces territoires
l’importance des déplacements : un encouragement fort
est ainsi donné à l’achat de véhicule
fonctionnant au GPL : le crédit d’impôt est porté
de 1 525 euros à 2 000 euros, ce qui représente 20
% environ du prix d’achat d’un véhicule moyen
(2 800 euros s’il y a destruction d’un véhicule
usagé) .
Plus fondamentalement, la proposition de loi s’efforce de
réorienter les dotations d’Etat dans le domaine social,
de la santé, de l’habitat et du logement vers ces territoires
qui sont sous-dotés et sous-équipés. Elle le
fait en prescrivant aux autorités de prendre en compte, dans
la répartition des dotations, non seulement les objectifs
propres à ces politiques, mais également des objectifs
d’aménagement du territoire (zones de redynamisation
urbaine, zones de revitalisation rurale).
Elle invite le département à mettre en œuvre
un programme de logement social et d’amélioration de
l’habitat. Elle prescrit également pour l’aide
à domicile – si importante dans ces territoires –
de tenir compte des surcoûts imposés au service et
des situations particulières (regroupement au bourg des personnes
âgées durant l’hiver).
Il est difficile d’aller plus loin que ces prescriptions générales
dans un domaine qui relève du réglementaire, du moins
sera-t-il possible de demander le respect de ces dispositions si
celles-ci sont adoptées par le Parlement. |
Un nouvel outil
pour rouvrir l’espace
et maîtriser l’évolution
du paysage |
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Il n’est
rien de plus débilitant pour les habitants d’un pays
que de voir s’installer la friche – naturelle ou industrielle
– et les paysages se fermer par la progression des boisements
anarchiques qui un jour se rejoignent pour former des massifs ou
de voir le bâti industriel se dégrader irrémédiablement.
S’impose alors le sentiment de ne plus maîtriser l’évolution
et d’être dans l’incapacité de faire coïncider
l’image que l’on se fait de l’avenir de son pays
et l’évolution réelle.
C’est dans le paysage – urbain ou rural – que
se lisent les tendances lourdes de l’évolution d’un
territoire : il est donc indispensable – en dehors de toutes
les autres raisons – que l’on se donne les moyens d’en
maîtriser l’évolution. Pour les zones de revitalisation
rurale, la question la plus importante est bien sûr d’éviter
la fermeture des paysages – toutes les mesures de nature agro-environnementale
destinées à être renforcées dans ces
territoires devraient permettre d’y parvenir – mais
aussi de rouvrir cet espace là où il s’est fermé
ou est en voie de fermeture.
La proposition de loi crée à cet effet un nouvel outil,
le " plan intercommunal de réouverture de l’espace
et de reconquête du territoire " ou de maîtrise
des paysages. Cet outil, bien que destiné à entrer
au code rural, n’est pas un nouvel outil d’aménagement
foncier, reposant sur des contraintes ou procédures d’ordre
réglementaire, donc difficiles à mettre en œuvre
dans ces secteurs où souvent les propriétaires ne
sont pas connus, mais un outil d’aménagement "
contractuel " reposant sur l’adhésion des acteurs,
qui n’a d’autre ambition que de recréer une dynamique.
Les concours seront avant tout d’origine départementale,
mais l’Etat et la région, par convention, sont invités
à accompagner l’effort du département. Pour
rendre efficace ce dispositif, le seuil d’autorisation de
défrichement est porté de 4 ha à 10 ha dans
les communes des ZRR où le taux de boisement est supérieur
à 5%. |
| Une nouvelle
incitation à rénover le parc immobilier |
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L’un des
problèmes majeurs auxquels se heurte le développement
du tourisme est la dégradation du parc immobilier –
ou au minimum le retard pris en matière de confort –
et sa mise en marché. Un effort de réhabilitation
est donc une priorité. Il a déjà été
entrepris par divers canaux dont les Oril (opérations de
réhabilitation de l’immobilier de loisir) avec souvent
le soutien des collectivités.
La proposition de loi vise à encourager davantage ce mouvement
de réhabilitation, qui marque le pas, en ouvrant au propriétaire
qui réhabilite – et qui met son logement en location
pour une durée minimale de six ans – la possibilité
de déduire de ses revenus une partie du coût des travaux
de réhabilitation.
La différence avec le système existant est l’extension
à des travaux importants qui jusqu’ici étaient
écartés par le fisc. C’est la notion même
de réhabilitation qui est en jeu à travers cette mesure
et son statut fiscal. Cette disposition provoquera certainement
des discussions serrées avec Bercy.
En raison de sa nature fiscale, elle ne peut intervenir que dans
la loi de finances, sauf si elle était, d’ici là,
reprise dans un projet de loi spécialisée, ce qui
apparaît peu probable puisque la loi de finances vient très
vite dans le calendrier parlementaire.
Mais il était indispensable que la proposition de loi pose
le problème de la réhabilitation, du retard considérable
qu’elle prend, et donc des outils les plus pertinents pour
la mener à bien, c’est-à-dire pour porter le
parc à un niveau de qualité comparable à celui
de nos concurrents. |
| Le calendrier
scolaire réencadré |
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Afin d’éviter,
à intervalles réguliers de trois ans, de rouvrir les
mêmes négociations pour faire valoir les mêmes
réalités, une des propositions de l’ANEM consiste
à compléter la définition des vacances scolaires
inscrite à l’article L.521-1 du code de l’éducation.
Les précisions apportées consistent d’abord
à affirmer que les congés scolaires s’établissent
sur la base de trois critères objectifs fondamentaux : les
besoins de l’enfant en matière de rythmes, les contraintes
des familles et les capacités d’hébergement
dans les lieux d’accueil familial. Ensuite et surtout, cette
nouvelle rédaction qui rappelle l’objectif d’un
étalement pertinent des périodes de vacances entre
les différentes académies, introduit le principe à
respecter de faire correspondre les congés de courte durée
à des semaines pleines, ce qui jusqu’ici restait une
question récurrente dont il fallait régulièrement
convaincre l’administration lors de l’établissement
de chaque calendrier triennal. |
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Henri
Savornin, Conseiller général des Alpes-de-Haute-Provence
" J’approuve,
bien sûr, l’encouragement fiscal pour la rénovation
de l’immobilier de loisir. Nous avons un parc d’une
trentaine d’années qui a souvent beaucoup vieilli.
Mais je serais personnellement allé encore plus loin en proposant
une intervention de l’Etat sous forme d’une aide en
capital qui pourrait atteindre jusqu’à 1 500 euros.
Ce montant correspondrait au surcoût de 30 % qui est constaté
pour la réalisation de travaux en zone de montagne et à
une aide au niveau de 10 % du montant des travaux destinée
à déclencher la décision des propriétaires
de procéder à des travaux de réhabilitation.
Autrement, je crains qu’ils soient un peu attentistes. Cela
serait un bon investissement pour l’Etat, compte tenu des
retombées touristiques prévisibles. " |
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