Revitalorisation rurale,
un dispositif à mobiliser
par les départements et les régions |
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Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 126-127
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Le dispositif
étendu et incitatif mis en œuvre par la proposition
de loi vise plusieurs objectifs : renforcer le tissu économique
et social en favorisant surtout le développement endogène
par le soutien aux entreprises qui s’installent, se créent,
se développent ; améliorer une qualité de vie
très décalée par rapport au reste du territoire
et donc renforcer certains services essentiels, reconquérir
un territoire qui se ferme et s’enfriche ; traiter de façon
spécifique les secteurs les plus dégradés par
le moyen des zones franches. Ces mesures seraient cependant de peu
de portée si elles n’étaient pas mobilisées
et mises en œuvre de façon énergique par les
collectivités territoriales, qui dans ces territoires déprimés,
jouent un rôle essentiel par rapport à l’initiative
privée. C’est pourquoi les moyens des collectivités
sont très sensiblement renforcés et un rôle
central est confié au département, pivot de cette
politique, invité à agir en partenariat avec l’Etat,
les régions, les communautés de communes. |
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• Mettre en place pour une durée de
cinq ans un dispositif, au sein duquel le département jouera
un rôle central d’animateur et d’assembleur, mettant
en œuvre et conjuguant un large éventail de mesures
fiscales, sociales, financières, destinées à
soutenir le développement économique et à renforcer
les services aux populations.
• Renforcer les moyens financiers des collectivités
territoriales, notamment par une majoration des dotations : DDR,
DGF, DFM, Fonds de correction des déséquilibres régionaux.
• Etendre et majorer les exonérations fiscales (TP
- impôt sur les bénéfices) et sociales (cotisations
patronales) prises en charge par l’Etat, ainsi que les aides
directes ou indirectes aux entreprises pour alléger les charges
d’investissement et de création d’emploi.
• Introduire des critères d’aménagement
du territoire (ZRU et ZRR) dans la répartition des dotations
destinées à l’habitat, au logement, à
l’action sociale et médico-sociale et prendre en compte
les surcoûts liés à la faible densité
de population et à la faiblesse des revenus.
• Créer un nouvel outil d’aménagement
sans contraintes réglementaires mais de caractère
contractuel, dont la vocation sera de rouvrir les espaces et de
mieux maîtriser l’évolution des paysages.
• Mettre en œuvre des zones franches dans des secteurs
très en difficulté. |
| Le département,
acteur stratégique pour la revitalisation rurale |
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Une comparaison
s’impose : si pour les zones urbaines l’acteur stratégique
est la ville (ou l’agglomération), pour les zones rurales,
a fortiori dévitalisées, l’acteur stratégique
est le département, ou plus exactement le couple département-groupements
de communes.
L’absence d’animateur de cette envergure pour la mise
en œuvre du développement territorial dans des territoires
qui se caractérisent par une très faible structuration
et par un tissu économique et social très relâché,
qu’il faut inlassablement renforcer, explique largement l’échec
de la politique embryonnaire de revitalisation rurale lancée
en 1995.
Dès lors – sauf exception – ni les moyens de
l’Etat, ni ceux de la région n’ont été
mobilisés au-delà des actions classiques, de même
que les mesures d’exonération ou d’aide à
l’emploi crées par la loi Pasqua, n’ont pas été
valorisées.
C’est à cette carence que veut remédier la proposition
de loi. Elle place donc le département au centre du dispositif
de revitalisation rurale. Il appartiendra à chaque département
de choisir la stratégie la mieux adaptée à
sa situation spécifique.
Toutefois, la proposition de loi invite les départements
où les ZRR occupent une place prédominante (départements
éligibles à la DFM) à afficher une volonté
et une politique au travers de programmes d’action qui permettront
de mobiliser les moyens d’Etat et des régions sur la
durée de mise en œuvre des principales mesures de soutien,
soit cinq ans.
Cinq années pour prouver que ces mesures exceptionnelles
permettent de progresser et méritent peut-être d’être
reconduites. |
| Les objectifs
affichés de la politique de revitalisation rurale |
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Les mesures
qui figurent dans la proposition de loi ne représentent pas
le tout de la politique de revitalisation rurale souhaitée
et nécessaire pour ces territoires. Certains aspects de cette
politique ne relèvent pas en effet de la loi. La reprise
des objectifs tels qu’ils figurent à l’article
54 de la proposition de loi montre l’étendue des actions
à mener pour conduire dans toute son ampleur cette politique
:
- Offrir aux entreprises un environnement favorable à leur
création, installation, développement.
- Renforcer le réseau des services à la population,
la qualité de l’habitat et l’offre de logement.
- Lutter contre la déprise agricole et forestière,
maintenir des paysages ouverts.
- Rattraper le retard en matière d’infrastructures
de transports et de communications.
- Mettre en place des formations adaptées aux problématiques
du développement territorial. |
| Modification
des limites de la zone de revitalisation rurale |
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La proposition
de loi ouvre la possibilité de revoir très partiellement
les limites des ZRR dans le cas où des communes bourgs centres
ou chefs-lieux de canton ont été exclues pour permettre
le classement du reste du canton.
L’intention était louable, mais peu cohérente,
avec l’objectif même de revitalisation rurale qui ne
peut être mené à bien que si le centre nerveux
du territoire n’est pas exclu.
Aussi est-il prévu que dans un groupement à forte
solidarité financière (TPU) où la majorité
des communes est classée en ZRR, les communes qui appartiennent
au groupement et qui ne sont pas classées puissent bénéficier
des mêmes mesures sans restriction aucune. |
Des moyens
renforcés
pour les collectivité territoriales et leurs
groupements |
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Quand il s’agit
de conduire une politique énergique d’impulsion du
développement économique et social et de rattrapage
d’un retard important, le problème du financement peut
être résolu de deux façons, soit par la création
d’un nouvel instrument financier bien adapté à
son objet qui interviendra en appui sur les programmes, soit accroître
de façon substantielle les dotations des acteurs du développement.
C’est cette seconde solution qui a été choisie
par la proposition de loi pour deux raisons principales : le fonds
qui aurait pu être créé existe déjà,
il faut lui rendre sa vocation qui est d’aider prioritairement
les zones en difficultés, c’est le FNADT qui a intégré
l’ancien Fidar qui luimême avait succédé
au Fonds de rénovation rurale.
D’autre part, l’existence de nouveaux maîtres
d’ouvrage – notamment les communautés de communes
– capables de conduire des projets au niveau adéquat
et de mobiliser des financements dans un registre étendu
d’actions diversifiées, ce par quoi passe le développement
dans ces territoires plutôt que par des programmes lourds.
Certes, des infrastructures importantes restent à réaliser,
mais elles relèvent d’une autre logique de financement.
Le choix qui a été opéré a donc été
de faire progresser la DFM de 10 % par an jusqu’en 2008, de
faire relever de 20 % les DDR des départements éligibles
à la DFM et ce durant cinq ans, de relever les DSR et DGF
des groupements de 15 % par an durant cinq ans, de mettre en œuvre
une affectation plus ciblée du Fonds de correction des déséquilibres
régionaux.
Sachant que dans la partie générale de cette proposition
de loi d’autres dispositions sont prises : relèvement
des DGF des communautés de communes, introduction ou renforcement
des critères liés à l’espace et au service
environnemental. |
Un éventail
de mesures
pour soutenir le développement des entreprises |
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Le système
mis en place par la proposition de loi vise à baisser les
charges des entreprises quand elles investissent ou créent
des emplois. Elles peuvent alors bénéficier d’exonérations
fiscales (TP, impôt sur les sociétés ou sur
le revenu), sociales (charges patronales), ou d’aides financières
à la création d’emplois ou d’entreprises
(immobilier d’entreprise, prime) ou à l’occasion
de leur extension.
Par rapport au régime d’exonération introduit
par la loi Pasqua, trois améliorations notables ont été
introduites. Le bénéfice des exonérations fiscales
est étendu aux secteurs du commerce, de l’artisanat,
de l’industrie (sauf exceptions) et aux sociétés
de service aux entreprises ainsi qu’aux médecins et
auxiliaires médicaux qui s’installent dans des communes
de moins de 2 000 habitants. Tous les secteurs économiques
se trouvant significativement en ZRR peuvent prétendre à
ces avantages fiscaux.
La période d’exonération est allongée.
De même pour l’exonération des cotisations patronales,
leur durée est portée à cinq ans avec dégressivité
les 4e et 5e années. Enfin, les aides des collectivités
territoriales – essentiellement les régions au titre
de l’aide à l’emploi, à la création
d’entreprise, à l’immobilier d’entreprise
– sont majorées de 50 %.
Ainsi est créé un dispositif qui ne deviendra efficace
qu’à deux conditions : qu’il existe une véritable
animation économique, qui relève surtout du département
et des organisations professionnelles, et que d’autre part
les entreprises puissent faire appel à des services d’ingénierie
ou d’expertise performants, responsabilité qui relève
directement ou indirectement des mêmes acteurs. C’est
l’une des justifications des moyens accrus apportés
au département. |
| " Les
zones franches et le télétravail contre la désertification " |
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Augustin
Bonrepaux, Député de l’Ariège
" Les zones franches
devraient permettre de stopper la désertification. Pour que
les habitants restent dans les zones de montagne, il faut qu’ils
aient du travail sur place. Pour cela, il faut qu’existent
des entreprises. Pour que des entreprises aient envie de s’implanter,
il faut qu’elles y soient incitées par des mesures
fiscales et un allégement des charges sociales. Parallèlement,
il faut multiplier les connections haut débit à Internet.
Les collectivités locales peuvent créer les structures
nécessaires et en confier la gestion à des opérateurs
privés. Dans les zones équipées, le télétravail
pourra se développer si les entreprises implantées
dans d’autres régions bénéficient des
avantages des zones franches pour les emplois occupés à
distance dans les zones de montagne concernées. " |
| " Le
département est le bon niveau d’intervention " |
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Jean
Milesi, Conseiller général de l’Aveyron
" Il est prévu
que le département tienne un rôle central dans le processus
de revitalisation rurale. C'est le bon niveau opérationnel.
Il est facilement à l'écoute des communautés
de communes ou des pays qui élaborent des projets. Il peut
accorder des aides directes ou contribuer à les faire obtenir
en accélérant les démarches. Le département
est incontournable en termes d'efficacité et surtout de rapidité.
Il faut que les financements européens puissent être
obtenus à son niveau ou au moins au niveau de la région.
Mais certains projets législatifs me laissent un peu perplexe
pour deux raisons. Les aides aux créations d'entreprise créent
des situations de concurrence déloyale avec les entreprises
déjà existantes. Et la revitalisation rurale a besoin
de s'appuyer sur la péréquation. Il est très
bien que le principe en soit acquis. Mais la mise en place reste
très floue. Il faudra faire en sorte que les régions
riches aident les plus démunies.» |
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