Maîtrise du foncier,
produits de qualité,
réévaluation des services rendus |
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Dossier "Agriculture"
Sommaire du PLM 126-127
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L’agriculture
a été reconnue par la loi de 1985 comme " d’intérêt
général et activité de base de la vie montagnarde " pour sa " contribution à la production, à
l’emploi, à l’entretien des sols et à
la protection des paysages ". La proposition de loi élargit
encore cette notion d’intérêt général,
base de la politique agricole de la montagne, à celle de
" gestion et de développement de la biodiversité ". Elle vise sur ces nouveaux fondements à faire progresser
la politique agricole de la montagne dans trois domaines : la maîtrise
du foncier avec une protection renforcée des terres destinées
à l’agriculture et une meilleure mobilisation des terres
pastorales, des terrains indivis des communes, des sectionnaux ;
la maîtrise des filières par une politique de qualité
et d’identification du produit renforcée ; une meilleure
prise en compte du coût réel du service environnemental
qu’elle rend et de son utilité au travers notamment
des aides agro-environnementales. |
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• Reconnaissance formelle du service environnemental
rendu par l’agriculture de montagne.
• Meilleure protection des terres agricoles et pastorales
par un inventaire sous forme d’enquête publique.
• Extension aux départements et aux communes du droit
de préemption et dégagement des moyens de financement
au travers de la TDENS.
• Encouragement à une politique de labellisation des
produits de montagne en synergie avec la dénomination montagne.
• Meilleure rémunération du service environnemental
dans le cadre du CAD.
• Affectation d’une partie du produit de la redevance
de bassin au financement de la mise aux normes des bâtiments
d’élevage.
• Assouplissement des règles de constitution des AFP,
possibilité accrue d’intégrer des terres incultes
et extension des conventions pluriannuelles de pâturage.
• Maintien du caractère collectif de la gestion et
des produits des biens de section. |
| Protection
et maintien du foncier agricole et pastoral |
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La loi de 1985,
succédant à celle de 1972 sur en valeur pastorale,
avait déjà considérablement développé
les outils de maîtrise foncière en montagne. Elle avait
conjugué à cet effet des règles d’urbanisme
très contraignantes qui établissaient le principe
et les modalités de la protection et des outils visant à
mieux mobiliser et mieux gérer les terres incultes, pastorales,
indivises, sectionnales, etc.
L’arsenal est donc déjà considérable.
Il apparaît cependant que le domaine agricole continue à
se rétrécir là où la demande de terrains
à bâtir est très forte et les prix très
attractifs pour les propriétaires. La collectivité
est donc confrontée à une double exigence : répondre
à la demande de constructions et aux souhaits des agriculteurs
de vendre une partie de leurs terrains, d’une part, maintenir
l’agriculture et donc un espace naturel qui est devenu aussi
un atout considérable pour son développement .
Pour faire face à cette situation, la proposition de loi
met en œuvre une procédure qui doit conduire la profession
agricole, le préfet, la collectivité à prendre
leurs responsabilités à partir d’un état
des lieux ; à la profession de dresser un inventaire des
terres nécessaires au respect de l’objectif de maintien
des terres agricoles essentielles à la pérennité
des exploitations et de l’activité agricole selon une
démarche qui s’apparente à l’enquête
publique, au préfet de vérifier la conformité
avec cette nouvelle procédure, à la collectivité
de décider à la lumière des résultats
de cette enquête.
D’autre part, s’il s’avère que par le canal
des Scot, PLU, ou carte communale, la collectivité n’a
pas les moyens d’atteindre son objectif de maintien de l’agriculture,
elle aura la possibilité de le faire, grâce à
l’extension du droit de préemption au profit des départements
et des communes (qui pourront être soutenues par celui-ci)
en utilisant à cet effet le produit de la TDENS. De plus,
une disposition favorise la transmission d’entreprise familiale
à l’héritier qui prend l’engagement de
poursuivre l’exploitation. |
| Mieux mobiliser
et mettre en valeur les espaces pastoraux |
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Depuis leur
création par la loi de 1972, les associations foncières
pastorales et les outils qui leur sont associés, conventions
pluriannuelles de paturage et groupements pastoraux, sont apparus
comme le meilleur moyen de mobilisation et de mise en valeur des
" espaces pastoraux ". Un groupe de travail du ministère
de l’Agriculture a travaillé pendant dix-huit mois
sur l’amélioration de ces outils. La proposition de
loi, reprenant largement les conclusions de ces travaux, introduit
des modifications qui doivent permettre :
- de constituer plus facilement les AFP, l’absence de réponse
des propriétaires valant accord à l’issue d’une
procédure respectant leurs droits ;
- d’utiliser plus largement la constitution d’office
en cas de terres incultes ou de les inclure dans une AFP en constitution
; - de porter à cinq ou six ans la durée des conventions
pluriannuelles et d’étendre leur utilisation à
tous les espaces pastoraux, y compris ceux qui relèvent du
régime forestier. |
Maintenir le
caractère collectif
de la gestion et du produit
des biens
sectionnaux |
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La mise en valeur
des biens des sections de communes résiste mal au déclin
des activités agricoles et forestières et à
la diminution de la population et des ayants droit, voire à
leur disparition. La proposition de loi vise donc d’abord
à établir un inventaire des biens et de leurs ayants
droit. Elle vise également à transférer à
la commune les biens et les droits dont les ayants droit ont notablement
diminué, voire disparu, et éviter ainsi soit une appropriation
de fait du bien par quelques personnes, soit une privatisation de
fait de son usage. Elle prévoit en tout état de cause
de préserver les droits des véritables sectionnaires
et de les indemniser s’il y a transfert à la commune. |
Maîtriser
les filières de production
et la création de valeur
ajoutée par des labels de qualité |
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L’agriculture
de montagne doit devenir plus génératrice de valeur
ajoutée produite et réinvestie sur place. Telle est
la conviction qui a animé les élus de montagne dans
la rédaction de la proposition de loi. Il faut que chaque
unité de production soit plus rémunératrice,
qu’elle soit réalisée sous une forme intensive
(par exemple, production de lait) ou plus extensive (production
de viande…).
Pour que le maximum de valeur ajoutée " reste au pays " la carte de la labellisation pour chacun des produits doit
être jouée résolument. Celle-ci suppose un meilleur
contrôle de l’ensemble de la filière, de l’amont
vers l’aval, pour que chaque stade de la production corresponde
aux exigences d’un label de qualité. Elle suppose donc
une organisation spécifique des agriculteurs, une identification
du produit, du terroir. Certes, cela présente dans un premier
temps l’inconvénient de segmenter la production par
rapport à une commercialisation plus globale portant sur
des grands volumes, mais c’est ce que réclame de plus
en plus le consommateur sans tomber dans l’excès des
spécificités de territoire dans lesquelles il ne se
reconnaît plus.
Mais à l’inverse, une " dénomination montagne " sans contrôle de qualité ne correspond plus
aux souhaits des consommateurs, même si elle a son utilité.
C’est pourquoi la proposition de loi, sans entrer dans le
détail des modes d’organisation, définit les
" produits de montagne " comme " pouvant offrir
la garantie formelle et vérifiable qu’ils ont été
élaborés à partir de produits et selon des
procédures de qualité ".
Cela laisse une grande marge de manœuvre, l’essentiel
est d’arriver à ce que dans l’esprit du public
un produit qui porte le terme montagne puisse être assimilé
de façon certaine à un produit de qualité. |
Un contrat
d’agriculture durable
renforcé pour l’agriculture
de montagne |
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L’activité
agricole apparaît de plus en plus comme une activité
de production et de service environnemental (paysage, biodiversité…).
Le marché doit assurer la rémunération normale
de l’acte de production, la collectivité doit prendre
à sa charge le service environnemental dans la mesure où
celui-ci n’est pas lié nécessairement à
l’acte de production mais exige de la part de l’agriculteur
une prestation supplémentaire pour satisfaire à des
exigences inhabituelles.
La proposition de loi montagne vise à prendre en compte la
véritable valeur ajoutée du service environnemental
rendu par les agriculteurs et les contraintes particulières
qui y sont liées. La proposition de loi est particulièrement
explicite. S’agissant des CAD (contrats d’agriculture
durables, successeurs des CTE) elle prescrit " (qu)‘ils
prennent en compte les spécificités des territoires,
les surcoûts liés à l’environnement dans
lequel s’exerce l’agriculture et l’étendue
des fonctions d’intérêt général
qu’elle assume dans les milieux les plus difficiles. Les aides
sont déterminées en conséquence de ces caractéristiques ".
D’autre part, devant l’impossibilité de mobiliser
les financements pour les mises aux normes sanitaires et environnementales
des bâtiments d’élevage afin d’élever
la qualité de l’eau, la proposition de loi affecte
logiquement une partie de la redevance de bassin destinée
à lutter contre la pollution à ce financement. |
| " Il
faut défendre aussi l'agriculture sur le plan international» |
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Bernard
Tardy, Maire de Echenevex (Ain)
" Je suis très
satisfait de voir la place qu’occupe l’agriculture de
montagne dans la proposition de loi. Je sais qu’une loi ne
peut résoudre tous les problèmes, mais il est important
pour moi qu’une volonté des élus soit affichée.
Et je sais qu’au sein du comité directeur c’est
une priorité partagée par tout le monde. J’apprécie
aussi la place qui est faite dans la proposition de loi à
l’action internationale, car nous savons tous que l’avenir
de l’agriculture de montagne se joue aussi – et peut-être
surtout – dans le cadre de l’OMC. De même que
l’AEM assure la présence de la montagne sur le plan
européen, il faut que l’Association des populations
des montagnes du monde le fasse sur le plan international. Ce qui
est réconfortant, c’est de voir que pour cette cause
de l’agriculture de montagne, ce sont les élus qui
sont à la pointe du combat. " |
" Préciser
les montants redistribués
pour la gestion des terrains indivis " |
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Antoinette
Etchebarren, Présidente de la Fédération
des commissions syndicales
" Nos charges augmentent
car nous ne nous contentons plus de gérer des espaces agripastoraux.
Nous devons offrir aux touristes des espaces entretenus et aménagés.
Mais nous ne pouvons pas augmenter indéfiniment les taxes
réclamées aux exploitants. Les revenus de la vente
du bois diminuent en raison de la concurrence des pays de l’Est.
Les recettes payées par les chasseurs sont stagnantes. Il
nous faut donc des ressources supplémentaires. Que ce soit
par le biais de la DSR ou non, peu importe. Mais il faudra clairement
préciser les montants qui devront nous revenir. Quand il
s’agit de charges, il nous est demandé de nous débrouiller.
Là, il s’agira de ressources qui ne doivent pas être
détournées de leur objet, la gestion de l’espace. " |
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