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Information et débat,
contractualisation,
compensation des charges |
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Sommaire du PLM 126-127
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Dans les rapports
entre gestionnaires des services au public et les représentants
des populations, la proposition de loi vise à introduire
et surtout généraliser trois règles nouvelles
: celle de l’information et du débat sur l’organisation
des services, celles de la contractualisation entre les collectivités
et le gestionnaire là où il apparaît que ce
mode de relation est de nature à assurer une meilleure prestation,
et notamment sa pérennité et son adaptation aux besoins
locaux, celle enfin de la compensation des transferts de charge,
celle-ci devant être intégrale pour les collectivités
les plus défavorisées. Mais ces obligations imposées
aux gestionnaires ne peuvent trouver leur fondement que dans le
principe du service universel et des droits et obligations qu’il
crée. C’est sur fondement de nature constitutionnelle
que le nouvel édifice doit être construit, qui vise
aussi à donner un cadre juridique sécurisé
à de nouvelles pratiques |
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• Information du préfet, du président
de conseil régional, du président du conseil général,
par les organismes chargés d’une mission de service
public de l’organisation territoriale des services dont ils
ont la charge et information par ces autorités des communes
et groupements de communes.
• Débat au sein de la commission départementale
compétente qui donne un avis sur cette organisation.
• Information préalable de l’autorité
concernée (maire, président de groupement, président
de conseil général ou régional) de toute modification
substantielle de l’organisation et du fonctionnement du service.
• Possibilité de contractualiser entre la collectivité
concernée et l’organisateur du service, contractualisation
de droit quand elle est demandée formellement par la collectivité
pour un service essentiel pour elle ; les conditions du contrat
sont définies par la loi.
• Compensation intégrale des transferts de charge
dans les ZRR, à négocier dans les autres.
• Surveillance générale et harmonisation par
le CNADT.
• Élargissement de l’accueil aux services para-administratifs
dans les maisons de services publics. |
Première
obligation :
information et débat sur l’organisation
des services |
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Nulle démocratie
sans information et débat. Comment la fourniture des services
à la population, si essentielle pour la vie sociale comme
pour la vie économique, aurait-elle des chances de correspondre
aux besoins des citoyens si ceux-ci ne sont pas consultés
sur l’organisation la plus appropriée de ces services
et s’ils n’ont aucun lieu pour exprimer leur avis et
en débattre avec les gestionnaires eux-mêmes ?
N’est-il pas normal – et indispensable – que les
citoyens soient informés au niveau de leur commune, département,
région, de l’organisation des services ? Ont-ils directement
ou par l’intermédiaire de leur représentants
le droit de dire leur mot, sachant que des fonds publics sont d’une
façon ou d’une autre en jeu ?
Faut-il avoir peur de mobiliser les citoyens et les collectivités
en craignant qu’ils ne formulent des exigences incompatibles
avec les finances des gestionnaires ? Ne sont-ils pas capables de
juger des contraintes et des délais ? Et en conséquence
de rechercher des solutions alternatives ? Ne s’agit-il pas
là d’exigences démocratiques ?
Les élus de montagne pensent que l’information et le
débat sont encore les deux meilleurs moyens d’engager
la négociation et de faire surgir des accords et de mobiliser
les citoyens, les collectivités, sur des formes adaptées
et innovantes de service. C’est au contraire parce que cette
information n’existe pas et que le débat est esquivé
qu’il y a crispation sur l’existant, car on ne sait
pas de quoi demain sera fait. Les élus de montagne pensent
donc qu’en aucun cas on ne peut faire l’économie
de cette information et de ce débat. C’est le sens
des propositions qu’ils font. |
| Un rôle
élargi pour les maisons de services publics |
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Réunir
en un seul lieu des services destinés au public, comme le
fait depuis longtemps le secteur privé, doit permettre d’éviter
des déplacements inutiles, de profiter des complémentarités
et de réduire les coûts d’investissement et de
fonctionnement. Cette démarche est de nature à faciliter
l’exercice des services publics et donc leur maintien. La
proposition de loi va plus loin en offrant la possibilité
d’accueillir les services des organismes parapublics ou professionnels
qui sont en charge aussi de services au public. Cette configuration
ne peut qu’abaisser les coûts de fonctionnement de l’ensemble
et faciliter les démarches. Ainsi les saisonniers doivent
y trouver leur place. L’existence de ces maisons doit être
un argument de poids dans la négociation sur l’organisation
des services publics, sachant cependant que son absence ne saurait
être invoquée pour déplacer les services. |
Le rôle
du Conseil national
pour l’aménagement et le développement
du territoire |
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Le Conseil national
pour l’aménagement et le développement du territoire
n’est pas encore devenu le lieu du débat public sur
l’aménagement du territoire qui était sous-entendu
dans les lois d’aménagement du territoire qui l’ont
créé ou confirmé. L’Etat oublie parfois
de le consulter sur des choix essentiels, par négligence
ou de peur de se retrouver contesté. La proposition de loi
vise à donner un rôle important de gardien des intérêts
de l’aménagement du territoire dans l’organisation
des services publics à ce Conseil dont c’est fondamentalement
la mission. Il est bon qu’il y ait quelque part un organisme
indépendant, non soumis à la pression de la gestion,
qui puisse penser dans la durée et en toute sérénité
et à la lumière d’une information exhaustive
et des études qu’il conduira lui-même ou qui
sont menées par le Commissariat au plan, à cette question
si importante pour les citoyens. |
Deuxième
obligation :
contractualiser dans la durée et de façon
équitable |
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La contractualisation
est le deuxième volet de la proposition de loi. Après
être devenu le mode de relations le plus répandu de
la vie économique, le contrat est maintenant au cœur
des relations sociales, quels que soient les organismes en cause,
publics ou privés.
Cette évolution est due à l’incapacité
de régler les problèmes par la contrainte, fut-elle
affichée dans la constitution, la loi ou le règlement.
Le " contrat social " général tend à
s’inscrire désormais dans une multitude de contrats
particuliers. L’époque de l’Etat providence est
en train de s’achever, même si elle a encore de beaux
restes. " Aide-toi, le ciel t’aidera " semble
désormais la règle. Les droits traditionnels sont
équilibrés par des devoirs.
L’Etat et les organismes chargés de prérogatives
de puissance publique étant souvent à la fois leur
propre prescripteur et leur propre juge, il y peu de chances qu’ils
se sanctionnent euxmêmes pour leurs manquements. Il faut donc
mettre en œuvre une règle à laquelle ils ne puissent
échapper s’ils prennent des engagements : c’est
celle d’un contrat, avec un arbitre impartial, le juge administratif
ou civil.
La proposition de loi vise donc à mettre en place un contrat
de service chaque fois que la pérennité ou les formes
sous lesquelles il était organisé sont modifiées
de façon substantielle. Dès lors, le gestionnaire
– si la collectivité concernée le demande –
est tenu de souscrire ce contrat selon des modalités déjà
définies pour l’essentiel par la loi relative aux droits
des citoyens dans leurs relations avec l’administration. Mais
pour donner de la force au contrat, il faut que la collectivité
participe elle-aussi à la réalisation du service,
et ne pas se satisfaire du contrat " octroyé "
qui peut être dénoncé à tout instant. |
Troisième
obligation :
une péréquation pour rétablir
l’égalité entre les territoires |
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Dès
lors que les collectivités sont amenées à participer
à une mission de service public pour le compte des populations
qu’elles regroupent, la question du financement ne saurait
être éludée. Les lois Pasqua et Voynet sont
restées muettes sur ces sujets, sauf en ce qui concerne les
zones de revitalisation rurale où elles prescrivent un remboursement
intégral des dépenses exposées.
La loi du 13 avril 2000, qui officialise les maisons de services
public et définit le contenu du contrat, renvoit à
la négociation au cas par cas Mais cette faculté,
qui est ouverte aux communes et groupements, de contractualiser,
risque d’être peu saisie par ceux qui en ont le plus
besoin mais qui faute de moyens ne pourront y accéder. Aussi
deux sources nouvelles de financement pérennes sont ouvertes
par la proposition de loi aux territoires qui ont les plus graves
difficultés en matière de maintien des services, c’est-à-dire
les zones pauvres de faible densité de population.
Ainsi les enveloppes des DDR destinées aux départements
éligibles à la DFM seront majorées et leur
utilisation – jusqu’ici réservée aux projets
de développement économique – étendue
à l’amélioration des services, mesure totalement
justifiée, car sans la présence de services il est
peu envisageable de conduire des actions de développement
économique.
Deuxième mode de financement, plus général,
avancé par la proposition de loi : la majoration de 15 %
de la DSR des communes ou de la DGF des groupements de communes
situés dans les ZRR. Cette mesure, prévue pour cinq
ans, pourrait être reconduite ou étendue à d’autres
territoires. |
| " Redéfinir
le service public " |
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Pierre
Hérisson, Sénateur de Haute-Savoie
" Il faut bien sûr
se préoccuper de maintenir le plus possible les services
proches des populations dans les zones de montagne. Mais il faudrait
au préalable définir ce qu’est un service public.
Ils sont organisés sur des bases qui remontent au début
du siècle précédent, quand 80 % de la population
habitait dans des zones rurales. Aujourd’hui, c’est
à peu près la proportion inverse. Il est ruineux de
maintenir en place des structures dont l’activité est
très insuffisante. Il faut qu’un habitant ne soit pas
à plus de vingt minutes d’un endroit où il peut
déposer un colis ou retirer 150 euros en liquide. Mais ce
n’est pas obligatoirement dans un bureau de poste qu’il
faut mettre ce service à sa disposition. Le même problème
se pose pour les petites mairies de moins en moins ouvertes. Pour
tout cela, il nous faut fonctionner en interterritorialité
comme nous avons su le faire depuis longtemps, par exemple pour
l’enlèvement des ordures ménagères.» |
" Le
maintien
des services
doit être
une volonté de l’Etat " |
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Henri
Nayrou, Député de l’Ariège
" J’ai participé
à la rédaction d’un livre blanc intitulé
Pour que la désertification rurale ne soit plus une fatalité.
Le service public ou le service au public assure un lien social.
Il doit donc être l’objet d’une volonté
politique, d’autant que des citadins reviennent vivre dans
des zones de montagne avec des exigences en matière de communication,
que ce soit les transports ou l’accès à Internet.
Leur présence peut être un facteur déclenchant.
Il faut qu’il existe pour cela une volonté au niveau
de l’Etat, car certaines zones de montagne ne peuvent pas,
à elles seules, maintenir ou développer ces services.
Il faut qu’ils échappent à une logique de marché.
Il faut que le préfet soit le garant d’une sauvegarde
horizontale des services dans une zone donnée. Il doit organiser
la concertation pour échapper au “syndrome de Decazeville”
(disparition simultanée de tous les services publics). " |
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