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La politique des transports
doit adopter une logique
de développement durable

Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 125

Un rapport de la Datar

Dominique Larosiere / SNCF - CAVA la demande du gouvernement, la Datar vient de publier une étude prospective intitulée : "La France en Europe : quelle ambition pour la politique des transports ?"

Selon ce rapport, la France apparaît comme un pays désormais bien équipé (autoroutes, trains à grande vitesse…). Elle a rattrapé les retards qui étaient les siens il y a quelques décennies. Et, sauf dans des secteurs limités (la région Ile-de-France concentre 80 % des problèmes), ses réseaux de transports sont moins encombrés que ceux des autres pays européens. Le vieillissement de la population permet aussi de parier sur un ralentissement de… l’augmentation du trafic malgré l’élargissement de l’Europe vers l’est.
Les décisions politiques doivent donc être sous-tendues par d’autres préoccupations. Il faudra, à l’avenir, consacrer des moyens supplémentaires à l’entretien de certaines infrastructures (routes nationales, voies ferrées, canaux) qui se dégradent d’une manière inquiétante. Il faudra, dans les zones qui connaissent les plus grandes concentrations de trafic, recourir à des politiques tarifaires modulées. L’usage mieux réparti des différents moyens de transport qui devrait en découler s’avérera moins coûteux que la création de nouvelles infrastructures.

La France, plateforme logistique de l’Europe

Comme il ne s’agit plus désormais de rattraper un retard, mais de préparer l’avenir, l’Etat doit adopter une logique de développement durable. Il devra viser à la fois la croissance économique, l’attractivité du territoire et la sauvegarde de l’environnement. Faire de la France la plateforme logistique de l’Europe est une ambition qui s’appuie sur sa situation géographique et qui lui évitera d’être seulement un pays de transit victime de nuisances croissantes.
Dans cette optique, favoriser le transport des marchandises par d’autres moyens que la route deviendra une priorité. Elle impliquera de trouver d’autres financements que ceux offerts par le budget général. C’est surtout vers l’usager qu’il faudra se tourner en lui demandant de payer davantage les nuisances occasionnées ou la qualité des services. Les poids lourds pourraient, par exemple, acquitter une taxe dans des zones sensibles ou congestionnées comme celles qui permettent le franchissement des Alpes ou des Pyrénées.
Le rapport insiste aussi sur la nécessité d’améliorer la desserte des régions enclavées ou périphériques. Chacune devra bénéficier d’une ouverture aisée sur l’Europe par la route, par le rail ou par les airs. L’Etat devra y veiller… malgré la décentralisation.


Un débat, certes... mais rien qu'un débat

Le rapport de la Datar faisait suite à un audit sur les infrastructures de transport (Ponts et Chaussées et Inspection des Finances), à un rapport sur le fret ferroviaire (Gerbaud-Haenel) et à un rapport sur le cabotage maritime (Richemont). Cet ensemble d’études donne une image assez complète des enjeux de la politique des transports pour les années à venir. Pour parachever cette démarche et en assurer la synthèse, le gouvernement a choisi de faire le 21 mai une déclaration devant l’Assemblée nationale, suivie d’un débat sur les infrastructures 2003-2020. Le ministre des Transports, Gilles de Robien, semblait se demander comment les futurs équipements pourraient voir le jour puisque les règlements européens interdisent désormais d’organiser leur financement sur plusieurs générations. Les utilisateurs sont prévenus… Les orateurs, quant à eux, fourmillaient d’idées tirées de leur expérience du terrain. Ils les accompagnaient d’un tableau souvent sombre de l’état des transports dans leur région d’élection. Histoire sans doute de prendre date puisque, pour l’instant, il ne s’agissait que d’un débat.


Un "pôle fibres" est créé à Epinal

CIADT du 26 mai

Le 26 mai, le Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) s’est réuni pour la deuxième fois à Matignon. Il a entériné treize contrats de site, destinés à "revitaliser les bassins d’emplois victimes de sinistres économiques".

Le département des Vosges en est un des bénéficiaires au titre de son industrie textile qui n’en finit pas de se restructurer. Les projets retenus ont un coût global de 70 millions d’euros (21 seront versés par l’Etat, 21 par Bruxelles et le reste par les collectivités territoriales). Ils se déclinent sous forme de trente-deux mesures opérationnelles.
La constitution d’un "pôle fibres" à Epinal est la plus spectaculaire. Il regroupera, à partir de la rentrée 2003, les écoles supérieures du textile et du bois et les chercheurs spécialisés (CNRS, Inra et université de Nancy), ainsi qu’un centre de transfert de technologies. Des actions de valorisation de la filière bois (de l’exploitation forestière aux industries de transformation) seront décidées dès la fin 2003.
La filière lait, la filière végétale et l’agriculture de montagne n’ont pas été oubliées : développement des techniques de valorisation du lactosérum, étude de faisabilité de la déshydratation des luzernes par les déchets de la filière bois utilisés comme source d’énergie, soutien au programme de préservation du paysage "Vosges vivantes".
Pour en savoir plus : www.vosges.pref.gouv.fr.

   

 

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