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Consulter le rapport Au delà du changement climatique, les défis de l'avenir de la montagne

 
 
Pluriactifs et saisonniers

 

 

Le cumul d’activités, soit simultanées (pluriactivité) soit consécutives (saisonnalité), est un trait culturel foncièrement montagnard, directement issu des conditions matérielles imposées par le milieu naturel (rentabilité réduite en raison de surcoûts multiples, saisons fortement marquées). Cela explique que la loi montagne du 9 janvier 1985 consacre un de ses chapitres à la question. Souvent pénalisés par la multiplicité des statuts professionnels qu’ils cumulent, l’enjeu permanent pour les saisonniers et pluriactifs est de pouvoir bénéficier de droits identiques à ceux des travailleurs à temps complet. Car en effet, il ne suffit pas d’affirmer une égalité de principe pour qu’un tel objectif soit atteint. Il est nécessaire au contraire d’adapter en permanence le droit du travail, celui de la sécurité sociale ou les règles de la fiscalité au fur et à mesure de leurs évolutions pour y intégrer cette spécificité.

Les avancées en la matière ont été nombreuses dans la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux (pas moins de vingt-deux dispositions, des articles 49 à 71). Les principaux aspects en sont développés ci-dessous.


Activité principale :
Une approche un peu plus concrète des réalités

La loi est venue confirmer un système d’identification de l’activité principale mis en place dans les faits depuis peu. Mais celui-ci reste sans doute encore à perfectionner.

Depuis un arrêté du 28 décembre 2004, en cas de cumul d’activités indépendantes dont une est agricole, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) prévoit que le travailleur pluriactif signale sur sa déclaration de revenus l’activité à laquelle il a consacré le plus de temps.
Ces informations sont échangées entre les caisses, et il revient à celle qui était jusque-là considérée comme la caisse de l’activité principale, de désigner avant le 1er décembre celle qui remplira cette fonction pour l’année de déclaration. L’article 64 de la loi relative au développement des territoires ruraux vient ériger ce principe au niveau de la loi en modifiant la rédaction de l’article L 171-3 du code de sécurité sociale. La mise en concurrence de critères de temps et de revenus devient ainsi la règle pour identifier l’activité principale, notamment en privilégiant la permanence de l’activité sur la saisonnalité.

Le statut d’agriculteur, enjeu majeur

Encore faut-il rappeler que le système tel qu’il est pratiqué laisse aux caisses de rattachement la libre décision de se détacher ou pas d’un assuré, si bien que la règle manque en elle-même de transparence, et que ce principe ne vaut que pour les seules activités libérales. Par conséquent, en cas de cumul entre activités indépendante(s) et salariée(s), l’activité salariée continue à l’emporter
si le montant de ressources qu’elle génère représente la part principale du revenu global.
Il est envisagé de revenir encore sur ce sujet dans la prochaine loi d’orientation agricole. Mais le statut d’agriculteur constitue en enjeu central de ce problème (dont peut dépendre l’accès à diverses aides agricoles).
Il n’en reste pas moins que la règle d’identification idéale de l’activité principale devrait être universelle pour s’appliquer à toutes les combinaisons possibles d’activités.


Groupements d’employeurs :
Une mixité entre privé et public enfin assumée

Plusieurs aménagements du régime applicable aux groupements d’employeurs devraient faciliter leur création et leur fonctionnement, notamment en permettant désormais la cohabitation d’entrepreneurs publics et privés au sein de mêmes groupements

Les collectivités publiques peuvent désormais intégrer librement tout groupement d’employeurs. Si la loi relative au développement des territoires ruraux (DTR) a pu en affirmer pleinement le principe général, c’est parce qu’elle arase parallèlement les obstacles qui jusqu’ici s’y opposaient plus ou moins ouvertement (articles 56 à 59).
Ainsi, en précisant que la taxe d’apprentissage, à laquelle sont d’office soumis les groupements, ne sera exigible que de la part des seuls membres qui y sont traditionnellement assujettis, l’impossibilité pour une personne morale de droit public de s’en acquitter ne menace plus d’être brandie pour s’opposer à de telles participations.


Guide méthodologique

En avril 2006, l'association a publié avec le concours de la DIACT et du ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement  un guide méthodologique intitulé "Environnement social des saisonniers et des pluriactifs en station de montagne: réalités et perspectives".

Ce travail conduit par l’ANEM souligne que les modes de vie et l’économie en montagne sont déterminés par deux phénomènes liés au climat, au relief et à l’activité touristique : la saisonnalité et la pluriactivité. Dans ce contexte particulier, le métier de saisonnier exige des compétences spécifiques et un professionnalisme sans faille des intéressés.

Aussi, ces travaux contribuent opportunément à nourrir la réflexion, alors même que, par ailleurs, il existe une tendance à méconnaître le professionnalisme du travailleur saisonnier et à ignorer la spécificité de sa condition.

Il apparaît également que les élus multiplient les actions pour améliorer les conditions de travail et d’insertion des saisonniers mobiles de façon à les fidéliser et à améliorer la qualité du service rendu.

Dès lors que certaines conditions (la pérennité de l’emploi, la pluriactivité, la formation professionnelle, la qualité  de la protection sociale, etc.) sont réunies, la saisonnalité peut être aussi un véritable choix de vie.


 


Communiqé de presse


Colloque

Le colloque « Travailler en montagne : des métiers de compétence en territoire spécifique d’avenir » organisé par l'association Nationale des Elus de la Montagne à l’occasion du Salon de l’Aménagement en Montagne à Grenoble a rassemblé, jeudi 27 avril, une centaine de participants.

 

Cette table ronde animée par Michel DRAPIER, rédacteur en chef de Montagne Leaders, et Emmanuelle GEORGE-MARCELPOIL, chercheuse au Cemagref, a été l’occasion d’échanges très riches entre les principaux acteurs des stations de montagne.

 


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